Ascension mondiale : La stratégie choc du Maroc pour dominer le football
Le Maroc est-il le nouveau pays pivot du sport mondial ? Diplomatie, investissements massifs, et l'horizon 2030.
LA VÉRITÉ
Le Maroc n’est plus seulement un participant sur la scène sportive internationale, il est un moteur. Alors que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025) se profile à l’horizon, puis le Mondial 2030 coorganisé avec l’Espagne et le Portugal, le royaume chérifien s’est imposé comme l’acteur central du football continental.
Le média français ‘France 24’ affirme clairement, dans un article publié le 22 septembre, que le Maroc est devenu « la locomotive » du football africain. Cette ascension fulgurante, qui dépasse de loin la simple organisation d’événements sportifs, s’explique par une décennie d’investissements massifs et d’une stratégie de développement rigoureuse.
Une vision stratégique inspirée par le roi
Cette montée en puissance n’est pas le fruit du hasard. Il s’agit, en effet, d’un « plan de développement mis en œuvre depuis au moins une décennie ». Le géopolitologue du sport Jean-Baptiste Guégan explique que le roi Mohammed VI, « il y a déjà dix ans, a mis en place une stratégie visant à développer des infrastructures similaires à Clairefontaine ». Le Maroc a fait le choix d’utiliser le sport pour en faire un « levier de développement » national. Par ailleurs, c’est un modèle qu’on n’avait « encore jamais vu » à l’échelle africaine, souligne M. Guégan.
La révolution des infrastructures sportives et nationales
Le Maroc a investi massivement dans ses structures sportives, notamment en prévision de la CAN 2025 et du Mondial 2030. Les chiffres donnent le tournis, on parle d’au moins 2 milliards d’euros injectés dans ces infrastructures, explique l’article de ‘France 24’. Par exemple, des travaux de rénovation ont été menés sur les stades de Rabat et Tanger. De plus, le royaume consacre environ 500 millions d’euros à la construction d’un nouveau stade à Benslimane, près de Casablanca. Ce joyau, prévu pour 2028, aura une capacité de 115 000 places. De ce fait, sa capacité d’accueil en fera « l’un des plus grands stades au monde ».
Ces efforts ne s’arrêtent néanmoins pas aux seules enceintes sportives. Le Maroc développe aussi ses infrastructures nationales pour accueillir ces événements. Il construit des autoroutes, étend son réseau de trains à grande vitesse et double la capacité de ses aéroports nationaux. M. Guégan constate que « Le Maroc a une vraie stratégie à l’échelle nationale ».
L’académie Mohammed VI, usine à talents
Le cœur de cette stratégie repose sur la formation. L’Académie Mohammed VI de football, inaugurée près de Rabat en 2010, incarne cet effort. Plus de 140 millions de dirhams (soit plus de 13 millions d’euros) ont été investis dans cette structure d’envergure de 18 hectares. Par conséquent, elle a permis à de nombreux joueurs d’éclore au plus haut niveau. On pense notamment à Nayef Aguerd, Azzedine Ounahi ou Youssef En-Nesyri. Aussi, le Maroc a investi dans les cadres techniques pour franchir un cap sportif. L’ancien directeur du centre de formation de l’OM, Nasser Larguet, a été recruté pour structurer une partie de la formation marocaine.
Des clubs performants et compétitifs
Ces investissements paient également au niveau des clubs. Le Maroc s’est imposé comme une place forte du football africain grâce aux succès de ses équipes. Le Raja Casablanca a remporté la Coupe de la confédération de la CAF en 2021. En outre, le Wydad Casablanca a gagné la Ligue des champions d’Afrique en 2022 et a même participé au Mondial des clubs aux États-Unis cet été. Jean-Baptiste Guégan explique : « Quand on regarde ce qu’a fait le Wydad, on se rend compte qu’aujourd’hui, avec leurs performances en Coupe du monde des clubs, on est sur des acteurs qui sont sportivement performants, capables d’aller rivaliser avec des acteurs européens ». Ainsi, cette structuration a hissé la Botola, première division marocaine, parmi « l’une des trois meilleures d’Afrique ».
Rayonnement mondial et mobilisation de la diaspora
La performance historique de l’équipe nationale masculine a scellé cette ascension mondiale. Le 14 décembre 2022, le Maroc est devenu la première nation africaine de l’Histoire à atteindre la demi-finale du Mondial. La sélection, actuellement 12e au classement Fifa, s’affirme comme un acteur incontournable. De même, les sélections féminines excellent, atteignant une finale à la CAN 2025.
Cependant, le soutien populaire reste crucial. Jean-Baptiste Guégan constate « une vraie mobilisation des Marocains du Maroc et des Marocains des diasporas autour du football ». En d’autres termes, cette influence dépasse le cadre national. Le géopolitologue estime que « Le Maroc représente plus que lui-même, on l’avait vu lors du Mondial au Qatar ».
Un pays pivot au cœur de la diplomatie sportive
L’organisation de la CAN 2025 et l’obtention du Mondial 2030 avec deux pays européens, l’Espagne et le Portugal, témoignent de son pouvoir diplomatique croissant. Jean-Baptiste Guégan confirme que le Maroc est aujourd’hui « un pays majeur dans le sport ». Le royaume a été au cœur des négociations de la Fifa, notamment pour l’obtention du Mondial 2030, mais aussi au moment de la réélection de Gianni Infantino. Aussi, la Fifa a inauguré fin juillet son bureau régional près de Rabat, le premier en Afrique du Nord.
Le Maroc s’affirme également comme un pays pivot entre l’Afrique et l’Europe. Sa stabilité politique et son attractivité touristique lui confèrent une stature majeure. De plus, le royaume ne cesse de multiplier les connexions régionales, notamment grâce à ses investissements directs étrangers qui en font le deuxième plus gros investisseur africain du continent.
En somme, l’essor du football marocain repose sur une décennie d’efforts stratégiques, d’investissements massifs dans les infrastructures et d’une excellence reconnue dans la formation. Ces succès, symbolisés par la performance mondiale de 2022 et les victoires en club, confirment que le Maroc est bien « la locomotive du football africain ». La vision est claire, utiliser le sport comme levier de développement, un modèle sans précédent sur le continent. Dès lors, la question n’est plus de savoir si le Maroc peut rivaliser, mais jusqu’où cette puissance émergente mènera-t-elle le football africain lors du Mondial 2030 et au-delà ?
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