Rayonnement culturel : l’artisanat marocain reçoit le prestigieux Prix Demófilo à Séville
Une croix sculptée en bois de thuya, installée au cœur de la cathédrale de la Giralda, consacre l’excellence du savoir-faire marocain et porte un message universel de coexistence entre les deux rives
LA VÉRITÉ
L’artisanat marocain accède à une reconnaissance internationale de premier plan avec l’attribution du Prix Demófilo à une œuvre monumentale réalisée par les artisans d’Essaouira. Cette distinction, remise jeudi soir au Pavillon Hassan II de la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée à Séville, célèbre une création artistique remarquable qui transcende les frontières culturelles et religieuses. Lahcen Saadi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, a reçu ce prix entouré de hautes personnalités andalouses, soulignant ainsi la profondeur des liens qui unissent le Maroc et l’Espagne à travers le patrimoine immatériel. L’œuvre primée, une « Croix du Christ » sculptée avec une précision chirurgicale dans la plus pure tradition de la marqueterie souirie, illustre le niveau d’excellence atteint par les maîtres artisans du Royaume sous la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
L’installation de cette œuvre de plus de deux mètres sous le porche de la Porte de Bronze de la cathédrale de la Giralda constitue un geste symbolique d’une portée historique. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi et coprésident de la Fondation des Trois Cultures, voit en cette croix un témoignage authentique de la capacité du Maroc à servir de boussole civilisationnelle dans un monde en quête de repères. En choisissant le bois de thuya, essence emblématique d’Essaouira, les artisans ont projeté l’identité marocaine au cœur d’un site visité par des millions de personnes, rappelant que l’artisanat incarne une rencontre intime entre l’artisan andalou et son homologue marocain. Cette proximité esthétique et spirituelle démontre que les mains des créateurs expriment parfois plus fidèlement les valeurs de vivre-ensemble que les discours officiels, inscrivant le talent marocain dans une temporalité qui se compte en millénaires.
Cette distinction s’accompagne d’un renforcement stratégique de la coopération bilatérale entre le département de l’Artisanat et la Fondation Trois Cultures. La signature récente d’un mémorandum d’entente à Essaouira prévoit le développement de projets communs visant à sauvegarder ces métiers d’exception face aux défis de la production industrielle et de la domination des algorithmes. Comme l’a souligné Antonio Zoido, président de la Fondation Machado, l’artisanat marocain dispose d’un capital unique qui protège l’âme des traditions populaires. En honorant l’esprit d’ouverture d’Essaouira, le Prix Demófilo ne récompense pas seulement un objet d’art, mais une vision du monde où la diversité culturelle est un levier de paix et de créativité. Le succès de cette croix en thuya à Séville confirme que le patrimoine marocain demeure un vecteur de diplomatie culturelle inégalé, capable de transformer des matériaux nobles en ponts indestructibles entre les spiritualités.
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