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Après plus de 6 mois de captivité : Les chauffeurs marocains sont libres au Mali

Les quatre chauffeurs marocains libérés, fruit d'une coopération transfrontalière exemplaire.

Par Mohammed Taoufiq Bennani


Un soupir de soulagement a traversé le Maroc et le Mali en ce début du mois d’août 2025. Quatre chauffeurs routiers marocains, retenus en otages pendant plus de six mois, ont finalement retrouvé la liberté dans la soirée du dimanche 3 août 2025. Leur libération, annoncée par le gouvernement malien le lendemain, met fin à une longue épreuve et souligne l’importance cruciale de la coopération sécuritaire dans une région du Sahel sous haute tension.

200 jours dans une zone dangereuse

L’histoire de ces quatre hommes, Abdelaziz Essakri, Yassid Ben Akka, Rachid Bennadi et son collaborateur Mohamed, a commencé tragiquement le 18 janvier 2025. Alors qu’ils acheminaient du matériel électrique vers Niamey, ils ont été interceptés par des éléments armés au nord-est du Burkina Faso, près de la frontière avec le Niger. Cette zone, connue sous le nom de « trois frontières » ou itinéraire Dori-Térat, est réputée pour son instabilité et est un carrefour de trafics et un repaire pour les groupes djihadistes. Les otages étaient aux mains du groupe terroriste « État Islamique dans la Province du Sahel », une branche régionale de Daech active dans cette zone semi-désertique et peu contrôlée. Plus de 200 jours de captivité ont marqué cette période difficile pour eux et leurs familles.

En outre, leurs camions immatriculés au Maroc ont été retrouvés dès le 31 janvier 2025 dans la ville de Téra au Niger par des soldats nigériens, puis immédiatement transférés à Niamey.

La force d’une coordination bilatérale réussie

La libération des chauffeurs a été un succès retentissant, fruit d’une « coordination parfaite » et d’une « coopération sécuritaire étroite » entre Bamako et Rabat. Ainsi, l’Agence Nationale de la Sécurité d’État (ANSE) du Mali et la Direction Générale d’Études et de Documentation (DGED) du Maroc ont mené ensemble les investigations avec une détermination et un professionnalisme exemplaires dès les premières heures de l’enlèvement. Le communiqué du gouvernement malien a souligné cette collaboration, saluant un « travail discret, rigoureux et coordonné » qui a permis de retrouver la trace des otages et d’obtenir leur libération « sains et saufs ». Cependant, les conditions exactes de leur remise en liberté n’ont pas été détaillées.

 

Les 4 chauffeurs marocains enlevés en janvier retrouvent la liberté.

 

Le Sahel, une région au cœur des enjeux sécuritaires

Ce rapt et cette libération rappellent la dégradation sécuritaire persistante au Sahel. La zone des « trois frontières » est particulièrement instable, servant de carrefour pour les trafics illicites et de refuge pour les groupes djihadistes. Face à cette situation complexe, les États de la région, comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont entrepris de réévaluer leurs alliances. Ils ont notamment rompu avec la coopération militaire française et se tournent désormais vers de nouveaux partenaires, telle la Russie, dans l’espoir de mieux sécuriser leurs vastes territoires.

Un soulagement général et un succès diplomatique pour Rabat

À Bamako, la nouvelle a été accueillie avec une vive émotion par les routiers marocains présents. « Nous sommes extrêmement reconnaissants envers les autorités maliennes et marocaines », a déclaré Ahmed Saikou, un routier basé à Bamako, exhortant également ses collègues à « redoubler de vigilance ». Par ailleurs, cette opération est perçue comme un succès diplomatique majeur pour Rabat, dont les services de renseignement sont salués pour leur efficacité. Le Maroc multiplie les partenariats avec les pays d’Afrique de l’Ouest, offrant notamment un accès logistique stratégique à l’océan Atlantique. Les quatre chauffeurs libérés devraient regagner leur pays dans les prochains jours, marquant la fin d’une épreuve de plus de six mois.

La libération des quatre chauffeurs marocains est un témoignage éloquent de ce que la coopération bilatérale peut accomplir face aux défis sécuritaires complexes du Sahel. Ce succès apporte un immense soulagement aux familles et aux proches, tout en renforçant l’image du Maroc et du Mali sur la scène internationale. Néanmoins, la question demeure : cette opération réussie peut-elle servir de modèle pour désamorcer durablement les tensions et stabiliser une région toujours en proie aux menaces djihadistes et aux trafics ?


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