Après Gaza, l’Ukraine devient la nouvelle priorité de Donald Trump
Le président américain veut répéter sa « victoire diplomatique » au Moyen-Orient, mais le défi russe s’annonce bien plus complexe

LA VÉRITÉ
Après avoir revendiqué un succès diplomatique dans le conflit de Gaza, Donald Trump tourne désormais son attention vers l’Ukraine. Le président américain a affirmé que la paix entre Moscou et Kyiv constituait sa prochaine priorité. Il a confié cette mission à son envoyé spécial, Steve Witkoff, avec l’espoir de parvenir à un accord plus simple que celui conclu entre Israël et le Hamas. Pourtant, les réalités du front ukrainien laissent peu de place à l’optimisme.
En effet, la guerre en Ukraine, qui dure depuis près de quatre ans, semble plus enlisée que jamais. Là où Trump avait pu exercer une influence directe sur un allié dépendant de l’aide américaine, il se trouve face à un adversaire historique : la Russie, soutenue économiquement et stratégiquement par la Chine. Ses moyens de pression sur Vladimir Poutine se révèlent limités. Ni la séduction diplomatique ni les promesses économiques n’ont permis de relancer un dialogue sérieux. Les discussions engagées à plusieurs reprises, notamment en Alaska, se sont soldées par des échecs successifs.
Les projets de garanties de sécurité pour Kyiv, évoqués par le secrétaire d’État Marco Rubio, restent flous. Les partenaires européens, quant à eux, s’inquiètent de la méthode Witkoff, perçue comme improvisée et insuffisamment informée des réalités russes. La légèreté apparente de l’équipe américaine tranche avec la complexité d’un conflit où la moindre maladresse peut provoquer une escalade.

Trump envisage désormais de permettre à ses alliés européens de fournir à l’Ukraine des missiles Tomahawk, capables d’atteindre le cœur du territoire russe. Ce scénario, dénoncé par le Kremlin comme une menace directe, ravive les craintes d’un affrontement ouvert entre puissances nucléaires. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué cette perspective, y voyant une source de pression susceptible de ramener Moscou à la table des négociations.
Les précédentes menaces occidentales contre la Russie, souvent non suivies d’effets, ont réduit leur crédibilité. Si Trump veut convaincre Poutine, il devra démontrer une capacité réelle à infliger des coûts économiques ou militaires tangibles. Mais cette voie comporte un risque majeur : celui d’un engrenage incontrôlable.
Au-delà de la stratégie immédiate, se pose une question fondamentale : jusqu’où Moscou est-elle prête à aller avant d’accepter une désescalade ? L’économie russe souffre d’une pression croissante.
Trump se trouve donc face à un dilemme : maintenir une ligne de fermeté qui pourrait déstabiliser l’équilibre mondial, ou accepter les limites de son influence face à un Poutine qui ne cède qu’à la contrainte. Après Gaza, la quête de paix en Ukraine mettra à l’épreuve la véritable mesure de sa puissance diplomatique du président Trump.

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