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    Par:  

    Mounir Serhani

  • 11 janvier 2021  à 15:30
  • Temps de lecture: 7 minutes
  • CHRONIQUESAprès ce mois, le déluge !

    Après ce mois, le déluge !
    Mounir SERHANI, écrivain et universitaire

    C’est peut-être l’apocalypse, à l’arrivée de cette nouvelle et « bonne » année ! Je me réveille le matin. La pluie tombe dehors. L’hiver est là. On a beau souhaiter qu’il pleuve, cette année. La prière a été généreusement exaucée. Trois jours de pluie et tout s’effondre. Tout s’éclate. Casablanca coule. Tout est bouché. Tout est endommagé. Des voitures noyées au fin fond des garages souterrains. Les tunnels bloqués, les rues dépeuplées de véhicules, bourrées d’eau. Une espèce d’aquarium s’est vite installée dans toute la ville économique, apparemment plus économique que d’habitude d’autant que l’investissement dans ses infrastructures a été réalisé avec avarice, parcimonie et non sans tricherie. Une paralysie totale. Notre beau pays se démasque. On cachait la forêt par l’arbre, un tout petit arbre, et le soleil par le tamis, un tamis troué de partout, comme tous les tamis. Ce n’est pas honteux parce que le principe qui motivent les justifications des responsables de la ville est très convaincant, la vérité : « mon prédécesseur est incompétent, mon successeur est intriguant ».

    Il pleut encore et encore. L’année 2021 s’annonce aquatique, arrosée, mouillée jusqu’à l’os. Nous finirons par glisser, par perdre le sens davantage. Avancer vers le pire. Une année sacrifiée sur l’autel du virus et une autre année bousillée par la nature. Je ne comprends que dalle. Le mal s’est réveillé et rien ne l’endigue. Son déferlement s’empare de nous et nous ? On se contente de compatir passivement à notre sort. L’erreur d’Épiméthée est de retour. Prenons le feu pour brûler les mauvaises volontés, les lamentations fallacieuses, pour chasser l’oracle maudissant qui nous est à l’affût. Une année pas comme les autres, mais apparemment comme celle que nous venons d’expulser. Bon débarras! On ne t’a pas vécue, 2020! Et tu nous as appris que le mal advient à notre insu. Cette fois-ci le désastre vient du ciel, d’en haut. Mais nous en sommes responsables, ici et maintenant, sur terre.

    Nos prévisions météorologiques sont juste mais nos planifications politiques tombent à l’eau. L’infrastructure de la capitale économique du pays est fragile. Nous habitons des plaques qui bougent facilement à l’apparition de n’importe quel événement naturel. Une simple pluie a dévoilé ce que les grands immeubles, les vastes boulevards s’ingéniaient à cacher. Les frontières entre les humains et le ventre de la terre sont très fines, faibles et mal faites. Tout s’estompe à un moment. Et la meilleure ? Quand un politique prend la parole pour épiloguer sur la force des averses, la pluie « du bien » dont le ciel nous a gratifiés. Mais ça va pas ? Tu ne nous fais un cours de peinture pittoresque ou quoi ? On l’a vue cette pluie, à vue d’œil, effondrer une maison, entraîner des cadavres, fissurer des immeubles, éventrer des rues de notoriété internationale. Du calme! C’est un problème de travail citoyen. Rien ne se fait dans les règles de l’art. Les budgets se dépensent maladroitement et les investissements sont radins. C’est de la mauvaise qualité, tout court ! On ne vous demande pas de construire des bâtiments antisismiques ! Non ! On ne vous exige pas une qualité digne d’une rue japonaise ou d’un pont américain ! On vous demande tout simplement notre droit citoyen de jouir d’une infrastructure sécurisée, sûre. La norme quoi ! Le seuil. Le strict minimum. Pas plus. Et quand vous échouez ou quand ça ne marche pas, avouez-le. Ne faites pas de notre déception un double drame.

    « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville, quelle est cette langueur qui pénètre mon cœur? ». Il pleut, les gens pleurent. Il pleut et des maisons tombent. La pluie qui n’est jamais un mauvais temps est devenue une source de malheur. On attend toujours la pluie, la grâce du ciel, pour éviter toute sécheresse à même de nous faire plonger dans une crise économique et sociale pénible. Aujourd’hui, on a du mal à assumer cette ancienne aubaine. C’est comme un châtiment pour ces tricheurs que nous sommes. Soit on se contente de peu. Soit on ne fait rien. Soit on fait les choses à moitié. Une politique approximative qui sait dépenser tout en gardant une part pour les absents, les complices. L’entrepreneur joue le jeu avec les décideurs et le citoyen paie la facture en fin de compte. Nos députés, nos sacrés élus, ont trouvé dans cette politique pécuniaire un moyen d’enrichissement au détriment de l’intérêt public. Une main invisible digne d’un Adam Smith ou une main cachée rappelant le Grand Siècle.

    Rien ne se perd, tout se transforme en or, en compte bancaire personnel très courant. Et nous ? Eh bien nous endossons notre rôle primordial et absurde : aller voter pour des gens spécialistes de promesse ou encore pire s’abstenir en laissant inconsciemment les médiocres gérer notre sort commun. Nous ne devons pas nous plaindre aujourd’hui. On doit récolter le fruit de notre indifférence politique, notre démission volontaire. C’est nous qui devons être jugés. Un procès collectif qui nous condamne à cause de notre désengagement irresponsable. Le Maroc mérite ces vrais hommes politiques qui savent que tricher dans l’infrastructure, c’est condamner des générations présentes et encore pire d’autres à venir à la misère, à la fragilité et sans exagérer à la mort, comme elle ne l’a enseigné la sacrée pluie qui tombe et descend avec elle tout qui est fragile.

    Le Marocain est un pauvre de citoyen. Il ne demande pas grand-chose, sinon cette vie digne, dans le vrai sens du mot. Il ne cherche même pas la « belle vie », ni l’opulence ni la richesse. Il est élevé, en effet, dans une atmosphère humble qui fait de la subsistance sa simple finalité. Il a évolué dans un environnement où l’on fait l’éloge de la pauvreté, ses bienfaits et ses vertus. Rappelons-nous ce fameux « cordonnier » du manuel scolaire à qui tous les élèves s’identifiaient et qui, qui plus est, une idole, un véritable idéal. On nous construit un pont, on s’en réjouit, on nous pave des rues, on les prend pour un présent précieux. On nous bâtit des hôpitaux, on les admire, comme si c’était un acte de charité. Nous sommes un peuple qui aime vivre dans la frugalité. On ne revendique que notre à la vie. La vie comme elle va ! La vie normale quoi ! Où est le problème ? Nulle part. Ceux que nous choisissons pour nous représenter finissent par nous abandonner, par nous oublier. Nous restons, comme par enchantement, seuls dans la « démocratie », désarmés face au Déluge. Tout s’effondre autour de nous et nous nous retrouvons assis sur les ruines. Nous avons appris à vivre ainsi. En ce moment, la nature y est elle aussi complice. Le virus y est impliqué, également. Que faire ? Attendre. Vivre dans notre petite société attentiste qui se nourrit des espoirs, des fausses promesses, des chimères que nous vendent nos politiques. Nous avons expérimenté toutes les couleurs, et surtout tous les signes : la rose, la balance… Et la lampe, le lampadaire éteint de naissance, poilu, poids lourd, nous a tourné le dos en toute « piété ». bref, on est livrés à nous-mêmes. Je pense maintenant à une excellente formule d’Oscar Wilde qui a écrit que « Démocratie : oppression du peuple par le peuple pour le peuple ».

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