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« Antípodas » à Fès : La magie des jumelles Oz et O’Ryan captive le Festival

Quand l'âme jumelle danse et résonne au jardin des Musiques Sacrées

LA VÉRITÉ


Un silence attentif s’installe. Puis, le jardin historique de Jnan Sbil s’anime d’une manière inédite ce lundi soir, en marge de la 28ème édition du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde. Le martèlement précis des talons, l’éclatement sec des doigts, le claquement des mains créent une symphonie corporelle captivante. C’est ainsi que le spectacle « Antípodas » saisit d’emblée le public, offrant un ballet d’une précision millimétrée et une synchronisation saisissante. Portée par les talentueuses jumelles chiliennes, Florencia Oz et Isidora O’Ryan, cette performance explore le thème universel du double et de l’identité, laissant une empreinte mémorable.

Au cœur du mythe du double

« Antípodas » ne se contente pas d’une simple chorégraphie. Le spectacle plonge profondément dans le mythe du double. Comme l’a expliqué Isidora O’Ryan, violoncelliste et compositrice, dans une déclaration à la presse, « la pièce ‘Antípodas’ prend comme point de départ le mythe du double, qui parle essentiellement du thème de l’être confronté à la dualité de sa propre identité ». Sur scène, cette confrontation intime prend vie. Le spectacle narre le voyage de deux êtres, depuis leur moment fusionnel initial jusqu’à cet instant où l’une doit trouver sa propre voie, se questionnant constamment sur les frontières mouvantes de leur être. L’esthétique est minimaliste et contemporaine, recherchant l’harmonie et l’élégance.

Quand flamenco et musique se rencontrent

Sur scène, chaque jumelle apporte son art et son âme. Florencia Oz, danseuse de flamenco (bailaora) et chorégraphe reconnue, incarne cette quête identitaire par une danse viscérale et épurée. Ses talons martèlent des rythmes complexes, ses mains dessinent des poèmes visuels dans l’air. Son flamenco contemporain, rigoureux et émotionnellement profond, devient le langage de cette introspection. Face à elle, ou plutôt connectée à elle, sa sœur Isidora O’Ryan, violoncelliste, chanteuse et compositrice, tisse la trame sonore. « C’est un spectacle où nous sommes toutes les deux sur scène. Florencia avec la danse, moi avec le violoncelle et la voix », a précisé Isidora. Sa musique, mêlant inspirations classique, folklore chilien et espagnol, ainsi que des touches électroniques et improvisées, enveloppe la performance.

La magie d’une symbiose parfaite

La véritable magie d' »Antípodas » réside dans la symbiose parfaite entre les deux sœurs. La danse de Florencia et les rythmes de son corps conditionnent la voix et la musique d’Isidora, et inversement. Leur synchronisation et la complémentarité de leurs mouvements, parfois en miroir, parfois en opposition, symbolisent avec une justesse bouleversante l’esprit des jumeaux. Cette proposition, à la fois profonde et légère, a offert au public de Fès une méditation poétique sur la coexistence et l’individuation. Elle confirme le talent exceptionnel de ces artistes chiliennes qui continuent d’explorer les liens profonds entre les arts. Comment ne pas s’interroger, après une telle performance, sur les multiples facettes de notre propre identité et sur les liens invisibles qui nous façonnent ?


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