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Algoculture : Le nouvel or du littoral !

Le Maroc s'impose en leader : Comment l'algoculture devient le pilier stratégique de son Économie Bleue

LA VÉRITÉ


Le 23 septembre 2025, Rabat est devenue l’épicentre d’une réflexion stratégique majeure, promettant de redéfinir l’avenir économique maritime du pays. Dès la première phrase de ce Dialogue National sur le Développement et la Valorisation des Algues, le ton est donné, l’algoculture n’est plus une niche, elle est un pilier de croissance. Organisée par l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA) en partenariat avec la Banque Mondiale (BM), cette rencontre d’envergure a rassemblé institutions, experts scientifiques et investisseurs. L’objectif principal était d’ériger l’algoculture en vecteur stratégique capable de propulser l’économie bleue marocaine.

 

L’or vert du littoral, un marché en pleine explosion

L’expansion du marché mondial des algues impressionne, affichant une croissance annuelle estimée à 10 % pour la décennie à venir. En effet, les algues constituent aujourd’hui un vecteur stratégique de l’économie bleue. La Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Eaux et forêts, chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, l’a clairement souligné lors de l’événement. Elle voit ce secteur comme un puissant catalyseur de nouvelles chaînes de valeur.

 

L’algoculture au cœur de l’économie bleue marocaine

Cette filière s’inscrit directement dans la stratégie nationale de développement de l’économie bleue. D’une part, cette stratégie vise l’exploitation durable et innovante du potentiel considérable du littoral marocain. D’autre part, l’algoculture contribue directement à la préservation des écosystèmes marins. La Directrice générale de l’ANDA, Majida Maârouf, affirme d’ailleurs que l’aquaculture est une composante majeure de cette économie bleue, favorisant l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD). Elle insiste sur l’engagement environnemental du Maroc, déclarant que : « La composante écologique est très présente dans notre stratégie, et nous veillons à développer les différentes filières dans le respect des impératifs environnementaux ».

 

Diversification et haute valeur ajoutée

L’importance de l’algoculture réside également dans sa capacité à diversifier l’économie nationale. Par conséquent, elle ouvre la voie à de nouveaux secteurs industriels à haute valeur ajoutée. Les usages des algues sont exceptionnellement transversaux. Ainsi, ils s’étendent de l’alimentation humaine à la production d’énergie, en passant par l’agriculture, la pharmacie, la cosmétique et même le textile. Le Maroc peut donc développer des secteurs allant de la cosmétique aux biomatériaux, grâce à cette filière.

 

Les atouts maritimes du royaume

Le Maroc possède des atouts naturels majeurs pour réussir cette transition. Tout d’abord, il dispose de 3 500 kilomètres de littoral. De plus, sa biodiversité marine est exceptionnelle. L’engagement actuel se traduit déjà par des chiffres concrets. Madame Maârouf précise que plus de 340 projets aquacoles sont aujourd’hui autorisés, couvrant toutes les filières. En outre, 4 700 hectares sont spécifiquement dédiés à la culture des macro-algues, avec une capacité de production qui peut atteindre 40 000 tonnes.

 

Un potentiel économique chiffré et ambitieux

Le potentiel de croissance est phénoménal pour l’investissement privé. Le directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, Ahmadou Moustapha Ndiaye, a présenté des analyses prometteuses. En effet, la Banque Mondiale estime que si le Maroc portait sa production aquacole à 300 000 tonnes par an, ce secteur générerait environ 36 000 emplois directs. De ce fait, le pays pourrait également engranger 450 millions de dollars de revenus, ce qui le positionnerait comme un leader régional.

 

Surmonter les défis pour garantir l’investissement

Toutefois, des obstacles persistent dans le secteur. M. Ndiaye a identifié plusieurs défis majeurs qui augmentent les risques et les coûts pour les investisseurs privés. Notamment, les délais d’autorisation sont parfois longs, et des restrictions existent sur les infrastructures terrestres essentielles. Par ailleurs, les coûts élevés des aliments pour poissons et une coordination encore fragmentée freinent l’essor complet du secteur. L’État réaffirme son engagement à accompagner le développement de cette filière par des politiques publiques adaptées.

 

Vers un leadership régional concerté

Le Dialogue National a confirmé que l’algoculture est un moteur essentiel du développement durable, créateur de richesse et d’emplois, et contribuant à la sécurité alimentaire. Mme Driouich a insisté sur la nécessité de mobiliser tous les acteurs, qu’ils soient publics ou privés, pour faire du Maroc un leader régional capable de répondre à la demande mondiale croissante. Cet événement fut une plateforme cruciale pour renforcer les synergies et concilier l’expertise scientifique avec les exigences économiques et environnementales. Le Royaume a-t-il désormais les outils et la volonté collective pour transformer cet or vert en un véritable pilier structurant de son avenir économique ?


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