• Version PDF
  • Coronavirus au
    Maroc live infos

  • Cas confirmés

    507938

  • Décès

    8976

  • Guéris

    493873

  • Dernière mise à jour: 22 avril à 18:43

    Par:  

    Taieb Dekkar

  • 01 mars 2021  à 18:52
  • Temps de lecture: 7 minutes
  • CHRONIQUESAlgérie-Hirak:Bras de fer fatal entre le Hirak et l’armée

    Algérie-Hirak:Bras de fer fatal entre le Hirak et l’armée
    Algérie-Hirak

    Le Maroc est en avance de plusieurs décennies par rapport à l’Algérie dans tous les domaines, politique, économique et social ainsi qu’en matière des grandes infrastructures. Le peuple marocain est en droit de s’enorgueillir et de vanter les choix politiques et économiques, posés au lendemain de l’indépendance car, faire de mauvais choix, au départ, risque de provoquer la faillite du système sur tous les plans et donc un redémarrage à zéro, comme c’est le cas aujourd’hui, pour l’Algérie.

    Pourvu que l’Algérie –et c’est là l’objet du Hirak béni- ne perde pas davantage de temps, après un gâchis de presque 60 ans d’un dirigisme politique, économique et social qui a acculé le pays à se refermer sur lui-même, à restreindre ses liens avec l’occident libre, et transposer en Algérie un système oligarchique de rentes et de castes, qui a fait faillite, quelques décennies plus tard.

    Quand l’Algérie s’est réveillée, en 1988, elle s’est rendu compte que tout le pays « roulait » grâce aux subventions de l’Etat, un Etat qui versait leurs salaires aux travailleurs des entreprises industrielles, sans se soucier de la rentabilité. Quand l’Etat se rendit compte aussi que les établissements hôteliers fonctionnaient comme des administrations, sans motivation du personnel, il éprouva de sérieuses difficultés pour stopper l’hémorragie. Les entreprises ne se modernisant pas et fonctionnant à l’image de l’administration socialiste, firent faillite, alors que les moyens de l’Etat se sont amenuisés, la population ayant quadruplé et les besoins se sont amplifiés dans tous les domaines. L’Etat continua à verser leurs salaires à plusieurs centaines de milliers de salariés, pour acheter la paix sociale, mais jusqu’à quand ?

    Selon Ahmed Ouyahia, ancien chef de gouvernement, dont la longévité à ce poste était la plus longue, et qui au bout du compte à été envoyé en tôle par l’armée -qu’il défendait bec et ongles, notamment quand une journaliste de radio méditerranée internationale Medi 1 lui demanda si Bouteflika, plébiscité pour un deuxième mandat, avait alors toute la latitude d’imposer son autorité à l’armée- l’Etat versait leurs salaires à quelques 600.000 salariés d’entreprises en faillite.

    L’hémorragie a continué.

    Non seulement l’Etat payait leurs salaires aux travailleurs, affiliés à l’UGTA, bras ouvrier de l’Etat socialiste, mais tout le peuple risquait de se soulever, car tous les services sociaux étaient gratuits ou presque, comme d’ailleurs les prix, symboliques, des produits de première nécessité, par ailleurs importés (lait). Le peuple n’avait d’ailleurs pas tardé à se soulever au mois d’octobre 1988, pour protester contre les pénuries des produits de première nécessité, mais aussi contre un système qui, au fil des années, a généré une caste de privilégiés, qui vivaient des rentes que leur procuraient leurs positions au sein du FLN et de l’armée, laquelle siégeait aux congrès du FLN.

    C’est là l’une des nombreuses erreurs monumentales et fatales commises par le dictateur Boumediene : le fait d’associer et d’impliquer l’armée dans la gestion des affaires publiques et politiques du pays. Non seulement l’armée a été associée et s’est impliquée dans la gestion des affaires politiques, mais c’est elle, en raison de sa prééminence sur tous les autres corps constitués, qui désignait les présidents (et les limogeait bien évidemment), toujours parmi les militaires et ce, depuis l’indépendance. S’ils ne sont pas des actifs de l’armée ou à la retraite, ils ont fait partie de l’armée de libération nationale, tels Bouteflika, Boudiaf, Ali Kafi.

    Le problème qui se pose aujourd’hui, et qui est à juste titre constamment soulevé par le Hirak, à travers sa revendication fondamentale « un pouvoir civil et non militaire », est le cantonnement, combien difficile à concevoir, de l’armée dans les casernes, bien que cette hypothèse soit clairement inscrite dans la Constitution de 1989, qui institua le multipartisme.

    Cette situation présente beaucoup de similitudes avec celle qui prévalait en Turquie où l’armée faisait « la pluie et le beau temps », jusqu’à une date récente, en limogeant un président élu, lors d’ un scrutin transparent, parce qu’il était d’une obédience idéologique contraire aux convictions de l’armée. C’est le président Erdogan qui amenda la Constitution turque dans le but de cantonner l’armée dans les casernes, en procédant évidemment à une large purge au sein de l’armée turque.

    Mais rien ne dit qu’Erdogan a définitivement gagné le pari de neutraliser l’armée.

    En Algérie, l’armée détient la réalité du pouvoir. Aussi, entretient-elle l’instabilité dans le pays, qui perdure depuis les émeutes sanglantes d’octobre 1988, qui avaient fait plus de 300 morts, des émeutes réprimées par un certain Khaled Nezzar, lequel a été condamné par le tribunal militaire de Blida à 20 ans de prison pour trahison et complot contre l’armée et qui est finalement rentré au pays, depuis son exil en Espagne, dans l’avion présidentiel algérien.

    Pourquoi de tels honneurs ?

    Parce qu’il est complice du commandement actuel de l’armée dans la répression des émeutes d’octobre 1988, l’annulation des élections législatives de décembre 1991, la répression des partisans du FIS, qui avait fait plus de 200.000 morts et plus de 20.000 disparus, et l’assassinat du président Boudiaf.

    Dans cette situation, l’armée reste un facteur de blocage permanent à l’émancipation de l’Algérie et sa démocratisation.

    Il est illusoire à mon avis de penser que l’armée prendrait un jour la décision salutaire de rentrer dans les casernes, pour de multiples raisons. Et c’est bien l’armée aussi qui envoya plus d’une vingtaine d’anciens dignitaires du régime en tôle, dans le cadre de règlement de comptes entre l’ex-commandement de l’armée et le clan de l’ancien président Bouteflika.

    Le Hirak algérien réclame haut et fort le retrait de l’armée du champ politique, mais il est difficile d’imaginer un tel scénario, car les officiers supérieurs de l’armée redoutent des procès contre eux et leurs familles, s’ils venaient à rentrer dans les casernes, concernant les choix politiques qui ont été faits en 1991, et qui on coûté la vie à des milliers d’algériens, l’assassinat de Boudiaf ainsi que les détournements colossaux des deniers publics, directement ou à l’occasion des commandes juteuses d’armements militaires.

    Quelle serait donc l’issue de ce bras de fer entre l’armée et le Hirak qui tient à ce que les militaires rentrent aux casernes, convaincu qu’il est que ce qu’on appelle à tort « la grande muette » bloque toute perspective de démocratisation et d’émancipation en Algérie?

    Si le Hirak «béni» s’éternise, l’armée fera sans aucun doute recours à la force pour mettre un terme aux manifestations qui risquent, bien évidemment, d’enfoncer encore davantage l’Algérie dans la crise multiforme dans laquelle elle est plongée, d’accentuer l’isolement du régime, au niveau interne et international, et d’accélérer la cadence de sa déliquescence et sa déroute.

    Les derniers articles

  • ‘Regards vers le futur’: La ville de demain au centre d’un webinaire de la CDG

    ‘Regards vers le futur’: La ville de demain au centre d’un webinaire de la CDG

    La ville de demain a été au centre des discussions des participants à une rencontre en ligne tenue, mardi dernier, à l’initiative de l’Institut CDG dans le cadre...

  • Tourisme: l’ONMT présente son nouveau dispositif de promotion de la destination Maroc

    Tourisme: l’ONMT présente son nouveau dispositif de promotion de la destination Maroc

    L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) a dévoilé, jeudi à Casablanca, son nouveau dispositif marketing de promotion de la destination Maroc qui sera déployé aux...

  • Forbes magazine: La Marocaine qui habille les grands noms du show business

    Forbes magazine: La Marocaine qui habille les grands noms du show business

    Avec ses créations prestigieuses, innovantes et multiculturelles, la styliste marocaine Laila Aziz, une passionnée de mode, a su se faire une place de choix dans la haute...

  • DGI: Annulation des amendes des impayés de 2020

    DGI: Annulation des amendes des impayés de 2020

    22 avril 2021  à 18:09
  • Le livre, cet autre vaccin

    Le livre, cet autre vaccin

    22 avril 2021  à 14:51
  • Décryptage: Réglementation des prix de transfert, un gage d’équité

    Décryptage: Réglementation des prix de transfert, un gage d’équité

    22 avril 2021  à 14:47
  • Casablanca Finance City: Au service de l’avenir de l’Afrique

    Casablanca Finance City: Au service de l’avenir de l’Afrique

    22 avril 2021  à 14:44
  • Théâtrale à Fès: Les professionnels s’impatientent

    Théâtrale à Fès: Les professionnels s’impatientent

    22 avril 2021  à 14:42
  • Kasbah de Taourirt: Raviver l’héritage historique

    Kasbah de Taourirt: Raviver l’héritage historique

    22 avril 2021  à 14:40