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Algérie-France : Les visas suscitent une levée de boucliers

Vers un retour aux 250 000 visas annuels pour les Algériens : l'ambition affichée par l'ambassadeur de France pour restaurer les « liens humains » entre les deux pays. « Capitulation » et « trahison » : la droite et l’extrême droite s'insurgent contre ce projet et exigent la libération préalable du journaliste Christophe Gleizes. Pas d'objectif chiffré selon le Quai d’Orsay : le ministère des Affaires étrangères tempère les déclarations diplomatiques et nie toute mesure punitive malgré la baisse des délivrances en 2025.

LA VÉRITÉ


L’annonce par l’ambassadeur de France en Algérie d’une possible augmentation des visas délivrés aux ressortissants algériens a provoqué une vive réaction des oppositions de droite et d’extrême droite ce vendredi 17 juillet. Alors que Stéphane Romatet évoque un retour aux 250 000 titres annuels pour restaurer les « liens humains », les critiques dénoncent une « capitulation » face au régime d’Alger. Le ministère des Affaires étrangères a toutefois précisé qu’aucun objectif chiffré n’avait été officiellement arrêté.

 

Vers un retour au niveau d’avant-crise ?

Dans un entretien accordé au média Tout sur l’Algérie et diffusé mercredi, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a affiché l’ambition de redynamiser la délivrance des visas. Selon le diplomate, l’objectif serait de revenir au volume antérieur aux tensions diplomatiques, soit environ 250 000 visas par an. Cette mesure viserait à préserver les échanges entre les deux populations et à s’assurer que les citoyens ne pâtissent pas des aléas politiques. En 2025, le nombre de visas accordés avait chuté de plus de 20 %, une baisse que le Quai d’Orsay attribue à une réduction du personnel consulaire plutôt qu’à une volonté punitive.

 

Une « capitulation » selon les oppositions

Ces déclarations ont immédiatement suscité l’indignation des responsables de la droite et de l’extrême droite française. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a fustigé sur les réseaux sociaux une « capitulation du macronisme face au régime algérien », rappelant la détention du journaliste français Christophe Gleizes en Algérie depuis plus d’un an. Eric Ciotti, patron de l’Union des droites pour la République, a pour sa part qualifié ce projet de « trahison ».

À droite, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a exprimé sa volonté de conditionner strictement la délivrance des visas. Il demande notamment la libération de Christophe Gleizes et une meilleure coopération d’Alger pour la reprise de ses ressortissants faisant l’objet d’une mesure d’expulsion du territoire français.

 

Le Quai d’Orsay tempère

Face à l’ampleur de la polémique, le ministère des Affaires étrangères a réagi vendredi pour clarifier la position de Paris. Selon le Quai d’Orsay, la question des visas ne ferait pas partie des sujets actuellement discutés pour la relance des relations bilatérales. Le ministère a souligné qu’« aucun objectif chiffré n’a été fixé » officiellement à ce stade.

Cette situation intervient après une période de froid diplomatique intense amorcée à l’été 2024, consécutive au soutien de la France au plan d’autonomie marocain pour le Sahara. Les tensions s’étaient accentuées avec l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal en 2024 et l’affaire de l’influenceur Amir DZ en 2025, entraînant des expulsions réciproques de diplomates.


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