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Algérie: En attendant l’effondrement

Abdelhak Najib


Après la reconnaissance du Président des États-Unis d’Amérique de la marocanité du Sahara, l’Algérie plonge dans une folie sans bornes, dépensant des milliards de dollars en armes, menaçant le Maroc et écrasant un peuple martyr. C’est le début de la fin pour une dictature désavouée par toute la communauté internationale.

Malgré les camouflets à répétition depuis quelques années, l’Algérie a ceci d’unique, c’est qu’elle ne fait pas dans la demi-mesure détournant le regard sur sa faillite systémique pour pointer du doigt le voisin marocain, source d’obsession et d’hostilité pathologique. Quelle que puisse être la bêtise, le gouvernement algérien y pousse le bouchon jusqu’au bout, sans crier gare. Monsieur Tebboune et ses généraux perpétuent une tradition bien algérienne qui consiste à faire de l’absurde un allié géopolitique. Autrement dit, plus c’est gros, plus cela convient aux aberrations politiciennes d’un président qui sait qu’il n’est là que pour amuser la galerie et à des généraux qui tirent sur une corde de plus en plus raide. Entre deux fiascos, les officiels d’Alger désignent le Maroc comme source de tous leurs déboires. Ils multiplient alors les sorties et les déclarations à tout-va, sans aucune logique tirant à boulets rouges sur Rabat, l’accusant de tous les malheurs d’un régime militaire doublé d’un État gazier qui ne peut en aucun cas faire fructifier cette manne en faisant d’Alger la Norvège de l’Afrique. Il faut dire qu’il y a des destinées fatales comme cela a été le cas chez un autre dictateur mégalomane, nommé Mouammar Kadhafi qui pouvait faire de sa Lybie, la Suisse de l’Afrique, mais il a préféré en faire un désert où rouillent des millions d’engins militaires en vue d’une hypothétique guerre qui n’a jamais eu lieu comme dans le Désert des Tartares. Souvenez-vous, nous avons eu droit, durant 20 ans, au même show avec le président à vie, Bouteflika. Un spectacle qui a été émaillé de quelques épisodes d’anthologie, qui sont restés pour la postérité. Des instants rares dans la planète du pouvoir absolu. Des moments inoubliables et surréalistes, à la fois. Absurdes surtout. Les sbires du régime algérien excellent dans l’art de pousser la rigueur surréaliste dans ses confins. Car ce qui se déroule aujourd’hui à Alger, capitale de plus en plus isolée au sein de la communauté internationale, rapelle à plus d’un titre un passage incroyable dans les annales algériennes, quand on a fait circuler sur un engin l’énorme portrait de Bouteflika pour un défilé militaire. Évidemment, dans les dictatures qui se respectent comme c’est le cas à Alger, le culte de la personne et les images monumentales font office de gouvernance. Les Algériens dépassent là, tout ce qu’on a pu apprécier dans des régimes satellites de l’ex URSS. Il faut souligner à ce propos que Saddam, Kadhafi et les autres, ont été cloués au pilori pour les mêmes raisons déraisonnables. Le contrecoup du pouvoir à vie est dangereux. Le retour de manivelle est toujours corsé. Et la chute est constamment inévitable. Ce peuple qui a été méprisé par un Bouteflika coupé des réalités de son pays, un président qui voulait être roi, a aujourd’hui compris la combine et décide de ne plus se faire piétiner. Tôt au tard, les militaires vont devoir quitter Alger laissant derrière eux le chaos.
Il faut croire qu’il y a des prétentions fatales qui précipitent certaines nations dans le gouffre de l’Histoire, à tout jamais. Cela a été le cas de républiques plus solides et plus légitimes. Et pourtant le rouleau compresseur de l’Histoire a tout écrasé sur son passage. Vous souvenez-vous de cette phrase terrible quand on avait placé Bouteflika sur le trône d’Alger. En s’adressant à un journaliste étranger lui disant qu’il n’est pas là comme président pour élever le peuple et l’aimer : Si le peuple veut rester arriéré, il va le rester. Ce jour-là, il aurait fallu comprendre le rapport des dirigeants algériens au pouvoir et à l’exercice de l’État. Mais, nous avons cru à un moment de la longue marche de l’Algérie voisine, que ce même peuple avait pu dire stop. De manière pacifiste, il avait donné une leçon à l’armée, aux généraux, aux sous-fifres du pouvoir algérien, au clan Bouteflika, aux islamistes qui sont en embuscade… Le mot d’ordre était simple : liberté et dignité. Comme ces Algériens la méritent cette vie meilleure. Ils ont assez accepté, ils ont assez enduré, ils ont assez donné, mais ils n’ont pas oublié les années noires, les 200 000 morts, les assassinats, les bandes armées, les gangs criminels, les terroristes, les répressions à répétition et la confiscation des identités. L’Algérie est un pays qui a été sacrifié pour l’hégémonie de la soldatesque, le trafic de carburants, les magouilles idéologiques et démagogiques. Le tout avec une obsession de la part de tous les locataires du Palais de la Moradiya de Benbella à Tebboune en passant par Boumédiène, Bitat, Benjedid, Kafi, Zéroual et toute la cliques des généraux derrière. Cette obsession se nomme Maroc. Il faut croire que les voisins auraient voulu vivre dans ce pays voisin érigé aujourd’hui en exemple de la stabilité dans tout le monde Arabe. Mais il faut aussi croire qu’il y a des destinées fatales. Ceci est le diktat de l’Histoire.

Avec la sortie du peuple algérien dans toutes les rues du pays, on avait réellement cru que le cirque algérien avait bel et bien plié bagage. Qu’il n’y avait plus de place pour le spectacle dans un pays qui traverse sa pire crise politique et sociale. Nous avons même cru qu’il y avait là une belle occasion d’écrire une nouvelle page pour cette Algérie malmenée par tous ses dirigeants. Nous avons bien cru que les Algériens allaient entamer un nouveau tournant, avec sérénité. Il n’en était rien. Le cirque est plus corsé aujourd’hui. C’est un cirque comique et ridicule avec un metteur en scène dépassé par les événements, Abdelmajid Tebboune qui veut frapper le Maroc de « sanctions économiques ». La belle affaire de la part d’un pays exsangue, qui tire la langue, une république désavouée par la communauté internationale et qui essuie camouflet sur camouflet. Une dictature qui ne peut avaler la reconnaissance par le Président américain de la marocanité de son Sahara et qui fait sourdre les bruits de bottes en dépensant des milliards de dollars en armes, préparant une guerre qui n’aura jamais lieu.


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