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Al Qods-Maroc-Algérie: S’opposer à un hommage au Maroc, c’est plus qu’un déni, une ingratitude

Taieb Dekkar


L’envoyé spécial de l’Algérie pour le Sahara occidental et le Maghreb, deux entités utopiques et imaginaires, se découvre une vocation supplémentaire moyen-orientale, depuis quelques jours.

Aussi, a-t-il supplée l’ambassadeur d’Algérie aux Nations unies, dans l’obstruction à l’adoption d’un communiqué des ambassadeurs, représentants permanents des pays arabes auprès de l’organisation des Nations unies à New York, condamnant la profanation et les agressions israéliennes contre les lieux saints de l’Islam et les fidèles palestiniens.

Le communiqué a été présenté par le délégué de la Palestine et incluait –comme il est de tradition- un hommage à l’action de SM le Roi Mohammed VI, pour son action à la tête du Comité d’Al Qods, dont la présidence a été confiée à feu SM le Roi Hassan II, puis réaffirmée et renouvelée au Souverain marocain, sans interruption, depuis sa création en 1982.

Le Comité Al Qods avait été mis en place par la Conférence islamique, avec pour mission d’œuvrer à la préservation des droits arabes et islamiques dans la ville sainte d’Al Qods Acharif, le soutien humanitaire et social du peuple palestinien, dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’habitat et la sauvegarde du patrimoine spirituel et culturel dans la ville sainte.

Outre son action politique et diplomatique au niveau international, pour le règlement de la question palestinienne, sur la base de deux Etats, avec Al Qods-Est comme capitale de l’Etat palestinien, le Souverain avait crée, à son initiative (1998), Bayt Mal Alqods Acharif, «le bras opérationnel du Comité Al Qods» auquel participent quelques pays arabes et islamiques, à l’exclusion de l’Algérie dont la contribution à ce fonds est nulle.

Fondée en 1998 à l’initiative der feu SM le Roi Hassan II et entérinée par la conférence islamique, Bayt Mal Al Qods Acharif, qui est financé à hauteur de 87 pour cent par le Royaume, mène une intense activité, tendant à soutenir les populations palestiniennes, qui ont besoin, outre d’un soutien politique, d’un accompagnement sur les plans humanitaire et social. SM le Roi Mohammed VI avait financé, sur son compte personnel, la reconstruction de la faculté palestinienne d’agronomie, détruite à Ghaza par une agression israélienne et avait ordonné la mise en place, pour plusieurs mois, d’un hôpital militaire de campagne à Ghaza, doté des équipements et de l’encadrement marocain nécessaires.

L’action de cette Agence est destinée à la jeunesse, aux personnes âgées, aux femmes, aux orphelins, aux veuves palestiniennes, aux handicapés. Bayt Mal Al Qods Acharif avait ainsi procédé à la construction d’écoles, accordé des bourses à des étudiants palestiniens pour poursuivre leurs études en Palestine ou à l’étranger, participé au financement de programmes d’habitat pour procurer un logement décent à certaines catégories de la population, ou encore à l’équipement des infrastructures sanitaires, ainsi qu’à des opérations pour le relogement de familles expulsées par Israel de leurs maisons. Bayt Mal Alqods Acharif avait également mené une action soutenue pour la restauration des monuments historiques islamiques à Al Qods (La ville en compte quelque 4000), dont sept mosquées, la reconstitution des archives historiques de la ville.

Bayt Mal Alqods investit en moyenne deux millions de dollars par an (20 millions de dirhams), outre les financements directs de certains projets.

S’opposer en conséquence à l’inscription d’un hommage tout à fait mérité à l’action du président du Comité Al Qods et de son bras humanitaire et social, c’est plus qu’un déni, une ingratitude d’un pays qui participe à hauteur de zéro centime à l’action de cette agence humanitaire et sociale. Inscrire Abdelmajid Tebboune, dans un tel communiqué, alors qu’il n’a été investi par aucune mission en Palestine par ses pairs arabes et musulmans, serait une supercherie, ni plus ni moins. L’Algérie vient de nous apporter aujourd’hui la preuve irréfutable de la légèreté de ses positions bilatérales et internationales et l’improvisation générale qui caractérise la politique de l’Algérie à l’intérieur et à l’international. Cela ne nous étonne guère quand on connait les peines et les souffrances endurées par le peuple algérien, durant ce mois sacré de Ramadan, pour se procurer son carton de lait, distribué dans un parc récréatif quelque part en Algérie.

La perspective d’un sommet arabe, prévu à Alger dans quelques mois, semble s’envoler définitivement.


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