[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Al Ala : un trésor musical marocain désormais gravé dans une anthologie monumentale

L’AAMAM dévoile à l’Institut du Monde Arabe une anthologie monumentale pour la sauvegarde du patrimoine Al Ala. Cette œuvre de référence compile 130 heures d’enregistrements et 6 000 pages de partitions réalisées par sept orchestres marocains de premier plan. Un projet technologique et pédagogique inédit pour assurer le rayonnement international et la transmission de cet art séculaire.

LA VÉRITÉ


L’Association des amateurs de la musique andalouse du Maroc (AAMAM) a dévoilé, mercredi 3 juin 2026 à Paris, l’« Anthologie de la musique andalouse du Maroc, Al Ala ». Présentée lors de la deuxième édition du festival Andaloussiyat de l’Institut du Monde Arabe (IMA), cette œuvre colossale regroupe 130 heures d’enregistrements et 6 000 pages de partitions. Ce projet vise à assurer la sauvegarde, la transmission et le rayonnement international de ce patrimoine séculaire du Royaume.

 

Un monument pour la mémoire d’Al Ala

C’est au cœur de l’Institut du Monde Arabe, lors d’une table ronde organisée mercredi soir, que le public parisien a pu découvrir ce qui est d’ores et déjà considéré comme une œuvre de référence pour la culture marocaine. L’« Anthologie de la musique andalouse du Maroc, Al Ala » est le résultat d’un travail de longue haleine mené entre 2021 et 2023 à l’initiative de l’AAMAM.

L’objectif de cette entreprise est double : constituer une archive exhaustive et créer une passerelle entre la mémoire historique et la modernité. Selon ses initiateurs, cette anthologie restitue avec une grande exigence scientifique la richesse des noubat, ces suites musicales complexes qui structurent l’art andalou depuis des siècles.

 

Un travail de recherche colossal

La réalisation de cette œuvre a nécessité une mobilisation sans précédent. Sept orchestres, représentatifs des différentes écoles et régions du Maroc, ont été mis à contribution, accompagnés de nombreux mounchidines et de plus d’une centaine de musiciens.

Le contenu de l’anthologie se distingue par son ampleur technique et documentaire :

  • Plus de 130 heures d’enregistrements audio de haute qualité.
  • Plus de 6 000 pages de notations musicales et de textes.
  • Une répartition exhaustive selon les différents mizan (rythmes) et snaïa (compositions).

Contrairement aux travaux de compilation précédents, ce projet a pour ambition de réunir l’ensemble des textes disponibles de la musique andalouse marocaine. Azzedine Kettani, président de l’AAMAM, souligne que cette conférence à Paris permet de présenter la « concrétisation matérielle » du rayonnement international de cet art.

 

L’innovation technologique au service du patrimoine

L’un des points forts de cette nouvelle anthologie réside dans son approche moderne et accessible. Pour la première fois, les textes sont présentés en langue arabe, mais bénéficient également d’une translittération systématique en français et en anglais.

Cette innovation pédagogique est complétée par une dimension digitale immersive. Une tablette numérique permet à l’utilisateur de naviguer à travers les contenus de manière interactive. « L’utilisateur peut écouter la musique, suivre les paroles en temps réel et consulter les différentes versions des textes », a précisé M. Kettani lors de la présentation.

Grâce à cette notation complète et à la translittération, le répertoire devient accessible à des musiciens étrangers. Un interprète ne maîtrisant ni la langue arabe ni les textes traditionnels peut désormais s’approprier ce patrimoine avec ses propres instruments.

 

Une œuvre vivante et hétérogène

La rigueur scientifique n’a pas pour autant gommé la vitalité de l’interprétation. Le musicien Omar Metioui, figure emblématique de la musique Al Ala, a salué le respect des fondements musicologiques tout en soulignant la liberté laissée aux formations participantes.

Cette approche a permis de refléter la diversité des interprétations actuelles selon les sensibilités régionales. Le résultat final est décrit comme un ensemble « homogène dans son hétérogénéité », où chaque orchestre a pu conserver ses spécificités techniques et stylistiques.

 

Clôture du festival Andaloussiyat 2026

La présentation de cette anthologie marquait un moment fort du cycle des conférences des Andaloussiyat 2026. L’événement s’est conclu par un concert d’Omar Metioui, mettant un point final à la deuxième édition du festival de l’IMA.

Durant plusieurs jours, cette manifestation a mis à l’honneur la diversité des expressions musicales andalouses du Maroc à travers une série de concerts, de rencontres et de débats, confirmant l’intérêt croissant pour cet héritage vivant au-delà des frontières du Royaume.


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]