Aïcha Belarbi espère une présence féminine accrue dans le monde de l’écriture
Le professeur Aïcha Belarbi, sociologue et écrivaine émérite, a plaidé, lundi soir à El Jadida, pour une présence accrue des femmes sur la scène culturelle nationale, mais aussi à un plus grand investissement des jeunes auteures pour dépasser les tabous et gagner de nouveaux espaces d’expression dans le domaine littéraire.
Invitée d’honneur de la 4ème édition de la célébration du 8 mars par la Ligue des Écrivaines du Maroc (LEM) à El Jadida, Mme Belarbi a appelé les responsables à faire de l’écriture un programme scolaire à part entière, notamment à travers la mise en place d’ateliers dans les établissements d’enseignement.
De manière plus globale, elle a estimé que l’urbanisation, la scolarisation, le développement économique ont contribué à une intégration de plus en plus grande d’une frange non négligeable de citoyens, dont des femmes, dans les nouveaux circuits de production et à l’émergence de mouvements de revendication des droits.
L’accès des femmes à la sphère économique et leur participation progressive à la politique les ont incitées à se redéfinir, à s’investir dans des projets de développement et à affermir leur position sur les scènes nationale et internationale, s’est-elle réjouie.
Néanmoins, dans ce Maroc en ébullition, « le système patriarcal se réinvente pour se maintenir, les forces de résistances continuent à entraver l’autonomisation des femmes, fragilise leur mobilisation et handicape la marche vers l’égalité et la parité », a-t-elle stigmatisé.
La président de la LEM, Aziza Yahdih Omar, a exprimé « la satisfaction et la fierté » de la Ligue de voir plus de femmes adhérer à son projet culturel et à contribuer au rayonnement de ses actions, exhortant, par ailleurs, les pouvoirs publics à redoubler d’efforts pour mettre un terme à toutes les formes de violence faites aux femmes, notamment par le biais de lois plus coercitives.
La Ligue des écrivaines du Maroc œuvre inlassablement pour l’avènement d’un système éducatif performant à même de faire de l’école marocaine « un sol fertile pour l’esthétisme et la culture », en consacrant un plus grand intérêt à l’enseignement du théâtre, de la musique, du cinéma, aux arts plastiques, ainsi qu’à l’encouragement et à la promotion de ces disciplines en ouvrant l’ensemble des structures et centres culturels de l’Etat devant les nouvelles générations.
Mme Aïcha Belarbi, ancienne secrétaire d’Etat à la Coopération et ancienne ambassadeur auprès de l’Union européenne, compte à son actif plusieurs ouvrages, tels »La situation de la petite fille au Maroc » (1992, éditions Le Fennec), »Le salaire de Madame » (1993, éditions Le Fennec), »Les droits de l’homme dans les manuels scolaires » (1994, institut arabe des droits de l’homme) et »Situation de la petite fille dans le monde arabe » (1995).
La sociologue marocaine a, aussi, édité un ouvrage consacré à sa ville natale intitulé « Salé, patrimoine et esprit des lieux » (éditions Okad à Rabat, 2008) et dirigé, de 1987 à 2003, le « Collectif approches », dédié aux recherches sur la situation et le statut des femmes marocaines et qui a publié 10 ouvrages aux éditions « Le Fennec ».
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