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    Par:  

    Abdelhak Najib

  • 24 août 2021  à 12:54
  • Temps de lecture: 6 minutes
  • CHRONIQUESAffaire Pegasus: La vérité est ailleurs

    Affaire Pegasus: La vérité est ailleurs

    Quelle histoire ! C’est une affaire enchevêtrée dont il faut d’abord démêler l’écheveau. Tout commence, le 18 juillet 2021, par des révélations faites par Amnesty International et le consortium de journalistes Forbidden Stories. Des révélations accusant les autorités marocaines d’utiliser un logiciel nommé Pegasus pour espionner des journalistes, des militants mais aussi des personnalités de haut rang comme le président de la République française, Emmanuel Macron. D’abord c’est quoi ce logiciel ?  Pegasus est un logiciel d’espionnage conçu par la société israélienne NSO Group, qui le vend exclusivement aux États désireux de l’acquérir. 
    Il suffit de l’introduire dans un smartphone, pour pouvoir écouter les appels téléphoniques. Le logiciel permet également d’absorber tout le contenu du téléphone : il peut télécharger les photos, les données personnelles, les messages et même le contenu provenant d’applications dites sécurisées. Tout ceci sans que le propriétaire du téléphone se rende compte qu’il a été piraté. Ensuite de quoi accuse-t-on le Maroc au juste ? Le Maroc est accusé d’avoir eu recours à cette technologie développée par Israël pour avoir accès à des informations et des données personnelles de plusieurs personnes à des fins politiques. Le Maroc dénonce comme «mensongères» ces informations selon lesquelles les services de sécurité du royaume «ont infiltré les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères et de responsables d’organisations internationales à travers un logiciel informatique». 
    Dans la foulée, lundi 19 juillet, le groupe NSO a «nié fermement les fausses accusations portées » dans l’enquête du consortium de médias, selon lui «bourrée de suppositions erronées et de théories non corroborées ». «Les sources ont fourni des informations qui n’ont aucune base factuelle », a écrit NSO sur son site, en précisant envisager des poursuites en diffamation. C’est ce qu’a fait le Maroc en poursuivant en justice Amnesty International et Forbidden Stories devant le tribunal correctionnel de Paris. Dans ce sens, « le royaume du Maroc et son ambassadeur en France, Chakib Benmoussa, ont mandaté Me Olivier Baratelli pour délivrer, dès aujourd’hui, deux citations directes en diffamation». C’est la réponse logique de la part d’un État qui compte faire valoir les lois et la justice dans une affaire d’espionnage dont les ramifications vont au-delà du trompe-l’œil de surface. En tout état de cause, « L’Etat marocain souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée »… « l’Etat marocain considère faire face à une nouvelle affaire de liste et que le passé a largement démontré qu’il était aisé de tirer des conclusions mensongères de telles pratiques ». 
    Selon le gouvernement marocain, il s’agit «d’un procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toute pièce pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France». Le gouvernement marocain entend bien se défendre dans cet imbroglio qui se profile comme une attaque en règles contre le Maroc :  « Le gouvernement n’a jamais acquis de logiciels informatiques pour infiltrer des appareils de communication, de même que les autorités marocaines n’ont jamais eu recours à ce genre d’actes »…« le collectif médiatique (…) est incapable de fournir des preuves pour appuyer ses allégations ». Le gouvernement affirme « défier le collectif, tout comme il l’avait fait avec Amnesty international, de fournir des preuves réalistes et scientifiques qui peuvent faire l’objet d’une expertise et d’une contre-expertise indépendantes sur la véracité de ces allégations».
    Maintenant que les pièces du puzzle sont posées, pourquoi une telle attaque contre le Maroc ? Les choses coulent de source. Depuis un an, le Maroc déploie une énergie considérable pour multiplier ses partenariats dans tous les domaines, pour faire face à la fois à la récession économique et financière qui frappe de plein fouet les grandes puissances mondiales et de consolider des liens avec des États amis, comme Israël, ce qui n’a pas été du goût de plusieurs chancelleries européennes, avec à leur tête l’Allemagne, dont on connaît le conflit larvé avec le Maroc. Ceci sans oublier l’épisode corsé avec l’Espagne sur fond de profonde crise avec le voisin algérien dérouté par le camouflet asséné par Les États-Unis d’Amérique de Joe Biden, qui a marqué de pierre blanche la reconnaissance de Washington de la marocanité du Sahara. A ceci, s’ajoute la pénétration du Maroc en Afrique, chasse-gardée de Paris et de la France-Afrique, qui n’a jamais vu du bon œil les partenariats entre le Maroc et les capitales de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est. 
    Nous sommes là face à toute une série de réalisations marocaines qui ont coiffé au poteau plusieurs puissances européennes dont la France, l’Espagne et l’Allemagne, toutes prises de vitesse dans différents domaines où le Maroc se passe aujourd’hui de leur expertise mettant en avant d’autres collaboration dont l’axe principal est aujourd’hui Rabat-Tel-Aviv et Rabat-Afrique. C’est de ce côté-là et uniquement de ce côté qu’il faut comprendre aujourd’hui la charge des médias français contre le Maroc. Des médias qui doivent impérativement apporter des preuves de ce qu’ils avancent, loin de la poudre aux yeux et des approximations, loin des effets de manche et des slogans. Des preuves, il n’y en a pas eu du tout. Pourquoi ? Parce qu’elles n’existent pas. Parce que toute cette affaire a été montée de toutes pièces, avec un amateurisme désolant.  Entre temps, on a plié cette page ridicule qui a finalement accouché d’une souris.

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