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« Adam », un film sur le désarroi des mères célibataires au Maroc

CULTURE Z- NEWSLETTER (apm) / 31 janvier 2020
« Adam », un film sur le désarroi des mères célibataires au Maroc

Avec « Adam », son premier film en tant que réalisatrice, en salles mercredi en France, l’actrice marocaine Maryam Touzani se penche sur le tourment des mères célibataires dans une société qui les considère comme des parias.

Dans ce film, présenté dans la section parallèle « Un certain regard » au dernier Festival de Cannes, Maryam Touzani raconte la rencontre entre Samia (Nisrin Erradi), une jeune femme enceinte d’une relation hors mariage, et Abla (Lubna Azabal), mère d’une fillette de 8 ans, qui vend des pâtisseries à Casablanca.

Au départ étrangères, voire hostiles l’une à l’autre, elles vont être amenées à se comprendre et à évoluer.Le film de Maryam Touzani aborde le sujet des relations sexuelles en dehors du mariage, punies par la loi au Maroc.

A l’époque des faits, si une femme célibataire accouchait à l’hôpital, elle était aussitôt livrée à la police, a expliqué à l’AFP à Cannes en mai Maryam Touzani, qui se souvient du jour où une jeune femme enceinte a frappé à la porte de ses parents à Tanger (nord) pour demander du travail.

« Ma mère a décidé de l’accueillir quelques jours jusqu’à ce que nous trouvions une solution. Mais il n’y en avait aucune », poursuit-elle. La jeune femme a proposé ses services comme femme de ménage et coiffeuse, mais dès que les gens s’apercevaient qu’elle était enceinte, ils lui demandaient de partir.

« Alors elle est restée avec nous jusqu’à l’accouchement », explique Maryam Touzani qui explore avec ce premier film le dilemme de ces mères démunies, contraintes d’abandonner leur enfant.

« Elle voulait abandonner son bébé dès sa naissance afin de lui donner une chance d’avoir une vie décente et recommencer la sienne puis devenir de nouveau une femme respectable », relate la cinéaste, qui a notamment réalisé plusieurs documentaires et courts métrages de fiction, et travaillé sur les scénarios de « Much Loved » et « Razzia » du cinéaste Nabil Ayouch, son mari.

« Quand le bébé est arrivé, les choses n’étaient plus aussi simples, car elle avait accouché pendant un week-end férié et elle devait le garder jusqu’à ce que le service d’adoption ouvre.

J’étais avec elle alors qu’elle tentait de réprimer son instinct maternel », ajoute la réalisatrice, qui était alors étudiante. « C’était douloureux de voir ça, ça m’a beaucoup choquée ». »Petit à petit, j’ai vu la carapace se briser et sa souffrance grandir, l’échéance de l’adoption arrivant.

L’instinct maternel s’est réveillé malgré elle », se souvient Maryam Touzani, qui a eu l’idée de raconter cette histoire alors qu’elle était elle-même enceinte. « J’ai compris à quel point cela avait dû être terrible de faire semblant ».

La Vérité avec AFP

 

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