Abdellatif Ouahbi : « Pas question de démissionner »
Ouahbi face à Jabaroot

Par Yassine Andaloussi
Acculé par une fuite de documents potentiellement compromettants, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a répliqué avec fermeté. Lors de sa dernière sortie face aux médias, il a catégoriquement écarté toute idée de démission. Une posture assumée qui suscite autant de soutien que de controverse, dans un contexte où l’opinion publique marocaine réclame plus que jamais de transparence et de responsabilité.
La polémique est née d’une série de documents confidentiels qui ont récemment circulé sur les réseaux sociaux et certains sites d’information, mettant en cause des décisions administratives et des prises de position du ministre. Le contenu des documents soulève des interrogations sur des pratiques jugées discutables dans la gestion de certains dossiers judiciaires et administratifs.
Face à ce tourbillon, Abdellatif Ouahbi a préféré monter au créneau. Dans une déclaration ferme, il affirme qu’il ne cédera ni à la pression médiatique ni à ce qu’il qualifie de « tentative de déstabilisation politique ». Pour lui, la fuite de ces documents n’est rien d’autre qu’un acte orchestré visant à nuire à son intégrité et à affaiblir le ministère qu’il dirige.
« Je suis ici pour servir les institutions, non pour fuir les responsabilités. Ceux qui croient pouvoir m’ébranler par des rumeurs ou des insinuations se trompent de cible », a-t-il déclaré, visiblement déterminé à poursuivre son mandat.
Cette posture soulève néanmoins des débats. D’un côté, certains saluent le sang-froid du ministre et y voient la marque d’une stabilité politique dans une période troublée. De l’autre, ses détracteurs estiment qu’une enquête indépendante devrait être ouverte pour faire toute la lumière sur les éléments divulgués, et que la simple négation ne saurait suffire.
Dans ce contexte, la réaction du gouvernement dans son ensemble reste attendue. Si le chef du gouvernement ne s’est pas encore exprimé officiellement sur cette affaire, des voix dans la majorité appellent à traiter le sujet avec prudence, mais sans complaisance. L’opposition, quant à elle, demande la convocation d’une commission parlementaire pour examiner la véracité des faits révélés et s’assurer de l’éthique dans la gestion publique.
Le cas Ouahbi met en évidence un paradoxe de la vie politique marocaine : entre la nécessité de protéger les institutions des campagnes de dénigrement et l’exigence de transparence dans une démocratie en construction. Dans un pays où la confiance dans les élites est fragilisée, chaque affaire devient un test grandeur nature pour l’État de droit.

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