Abdellah Laroui : Une valeur durable
La pensée du Pr Abdellah Laroui est toujours d’actualité, elle n’a pas pris une ride. C’est ce qu’on appelle une valeur sûre et durable. Parce qu’il a bien pensé l’époque, celle-ci la lui rend bien en le confortant et en le réconfortant de reconnaissances et d’hommages appuyés.
C’est dans le sillage de cet esprit que la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat a organisé jeudi 18 janvier, en partenariat avec l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), une conférence en hommage au penseur natif d’Azemour.
Une première en dehors du siège de l’IMA
Cette rencontre, tenue sous le thème « perception de la pensée de Laroui » en présence d’ambassadeurs, de doyens et de directeurs d’établissements universitaires, de chefs de départements, de professeurs et d’étudiants-chercheurs, est une première à être organisée en dehors des locaux parisiens de l’IMA.
« L’ensemble des écrits d’Abdellah Laroui incarnent une pensée critique et moderne, dont nous avons tant besoin », a indiqué le directeur général de l’IMA, Mojeb Zahrani dans une allocution de circonstance, notant que l’Institut avait, par le passé, rendu hommage à plusieurs personnalités de la scène culturelle mondiale, dont le philosophe français Edgar Morin.
Les sessions itinérantes de l’IMA ont ainsi débuté avec cet hommage rendu à Laroui, une célébration de toute une culture, a-t-il ajouté. L’Université Mohammed V a choisi de célébrer son 60ème anniversaire en rendant hommage à Abdellah Laroui, éminent professeur, penseur et intellectuel, ayant contribué à la consolidation des valeurs de la liberté, de la justice sociale et de la modernité, a affirmé de son côté le président de l’Université, Said Amzazi, soulignant l’importance de relire Laroui pour le redécouvrir.
Pour sa part, le doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Rabat, Jamal Eddine El Hani, a indiqué dans une allocution d’ouverture que l’oeuvre de Laroui marque une période spéciale dans le contexte arabe contemporain à travers une large maîtrise du patrimoine islamique et des principes fondateurs de la modernité occidentale, d’une part et des philosophies occidentales d’autre part.
Lors de la première séance, sous le thème « Les Arabes et la modernité », qui a été modérée par l’universitaire et romancier Said Bensaid Alaoui, l’universitaire Abdessalam Ben Abdelali a dit que la modernité n’est jamais satisfaite de ses institutions, de ses réalisations et de ses découvertes, faisant observer qu’elle est en mouvement constant.
Dans une présentation en français sur « la modernité politique arabe: diagnostique d’un échec », l’universitaire et romancier Hassan Aourid, ancien porte parole du palais royal, a mis en garde quant à lui contre la situation des pays arabes aux niveaux économique et social, passant en revue les courants de pensée et d’idéologie ayant marqué l’Orient arabe avant le nationalisme arabe, le « Kamélisme » et le sionisme ainsi que l’influence britannique, chrétienne arabe et marxiste.
La deuxième séance axée autour de la « réception de la pensée de Laroui », a été clôturée par une présentation de Mohamed Cheikh, professeur de philosophie, qui s’est attardé sur cinq exemples de la présence de l’œuvre de Laroui dans les écrits anglo-saxons.
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