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8ème Conférence « Atlantic Dialogues »: La montée du populisme en débats à Marrakech

POLITIQUE Z- NEWSLETTER (apm) / 13 décembre 2019
8ème Conférence « Atlantic Dialogues »: La montée du populisme en débats à Marrakech

La question de la montée de la vague du populisme a été sous les feux des projecteurs, jeudi à Marrakech, lors de la première session plénière de la 8ème édition de la Conférence internationale annuelle « Atlantic Dialogues », initiée par le Policy Center for the New South sous le thème « Le Sud en période de tourmente ».

Prenant la parole lors de cette plénière, Mme Maria Eugenia de Avila, ancienne ministre des Affaires étrangères du Salvador, a attribué cette vague du populisme à « la crise de confiance entre les citoyens et les décideurs ».

Même son de cloche chez M. Ignacio Walker, ancien chef de la diplomatie chilienne, qui a estimé que le populisme « est né du fait que les forces du marché n’agissent plus dans l’intérêt politique et économique des citoyens, indépendamment de l’existence de contre pouvoirs dans le cadre d’une Constitution qui permet d’éviter toute dérive autoritaire ».

Lui emboîtant le pas, M. Paulo Portas, ancien ministre des Affaires étrangères du Portugal, a pointé du doigt la révolution numérique comme étant l’une des causes de la montée du populisme qu’il juge être « une maladie occidentale mais pas d’extrême-droite », car, explique-t-il, « le populisme est de droite comme de gauche ».

M. Portas, qui a fortement dénoncé un « lien direct entre le populisme et la démocratie digitale », a relevé que la diffusion massive de faux messages sur les réseaux sociaux, avec un total de 5,4 milliards de faux comptes sur Facebook, représente un élément « destructeur ».

« Certains présidents se préoccupent non pas d’améliorer la vie des gens, mais d’avoir le maximum de likes, ce qui va tuer la démocratie représentative », a-t-il regretté.

L’ancien chef de la diplomatie portugaise a, en outre, pointé du doigt les « modérés, responsables de l’abandon du débat aux populistes, sans tenter d’expliquer rationnellement ce que la migration et le libre-échange ont apporté au monde ».
« Nous vivons dans un monde de perceptions. Les sondages disent que 70% des Européens pensent que la situation s’est dégradée, mais les indicateurs racontent une autre histoire », a poursuivi M. Portas.
« L’âge moyen des Européens sera de 49 ans en 2040, et de 20 ans pour les Africains. L’Europe a besoin de la migration, un mot que l’on ne peut pas prononcer dans le contexte actuel », a-t-il déploré.
Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 8ème Conférence « Atlantic Dialogues » est rehaussée par la participation de près de 500 participants issus de 66 nationalités.
La thématique retenue, cette année, pour cette Rencontre d’envergure, qui se poursuit jusqu’au 14 courant, prolonge et complète celle de 2018 consacrée aux « Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture », un choix dicté par les multiples défis qui interpellent les pays du Sud face à la persistance des conflits et des menaces terroristes, aux faibles taux de croissance non générateurs d’emplois pour les jeunes, à l’urbanisation accélérée et à la dégradation irréversible et à vue d’œil de leur environnement naturel.
Avant l’ouverture de cette Conférence, la 6ème édition du rapport « Atlantic Currents » a été présenté par certains de ses auteurs.
Cette publication phare du Policy Center for the New South est portée par l’esprit qui anime le think tank : celui d’une Afrique décomplexée, cultivant sa propre excellence et promouvant son expertise.
Penser le développement, accompagner les politiques publiques, apporter des solutions pratiques, telle est l’ambition qui sous-tend le rapport annuel « Atlantic Currents », signé par des personnalités du Sud, pour l’essentiel des Senior Fellows du Policy Center.
Aligné sur le thème de cette 8ème Conférence, « Le Sud en période de tourmente », le rapport « Atlantic Currents » apporte un éclairage nouveau sur les défis auxquels est confronté l’Atlantique, Nord et Sud, en faisant porter les voix du Sud dans le débat géopolitique mondial.
Lancé en 2014 à Rabat, avec 39 chercheurs associés du Sud comme du Nord, le Policy Center for the New South est un think tank qui offre une perspective du Sud sur les enjeux des pays en développement.
Il vise à faciliter les décisions stratégiques relevant de ses quatre principaux programmes : agriculture, environnement et sécurité alimentaire; économie et développement social; matières premières et finance; géopolitique et relations internationales.

 

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