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84% des femmes souhaitent entreprendre


Quelque 84% des femmes souhaitent entreprendre pour avoir un impact positif sur la société, alors que 70% des femmes entrepreneuses se sentent désavantagées par rapport à leurs homologues masculins, révèle une étude sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique, réalisée par la Fondation “Women In Africa Philanthropy” et le cabinet “Roland Berger”, l’un des leaders mondiaux du conseil en direction générale.

Présentée à Marrakech à l’occasion de la 3ème édition du Sommet annuel Women In Africa (WIA), tenu les 27 et 28 juin, cette étude, consacrée aux obstacles et ambitions de l’entrepreneuriat féminin en Afrique, fait aussi ressortir que 40% des entrepreneuses ont lancé une startup dans le domaine de l’éducation ou de l’agriculture.

L’étude a été menée auprès de 1.200 individus (femmes et hommes, entrepreneurs, étudiants, professionnels) qui ont été interrogés, ainsi que de soutiens externes à l’entrepreneuriat (fonds de capital-risque, accélérateurs et incubateurs), de même que ses auteurs ont pris contact avec sept expertes afin de recueillir leurs perspectives quant aux mesures à mettre en place pour encourager l’entrepreneuriat des femmes.

Ainsi, l’étude dévoile qu’avec le taux le plus élevé au monde de femmes entrepreneuses (24%), le Continent africain fait de l’entrepreneuriat un facteur d’émancipation, ajoutant qu’une large majorité des étudiants et des professionnels interrogés envisagent une carrière dans l’entrepreneuriat, alors que 96% des étudiantes considèrent l’entrepreneuriat comme un choix de carrière possible.

Si les femmes et les hommes souhaitent lancer leurs startups, leurs motivations diffèrent: les femmes sont guidées par la recherche d’impact positif (84%) avec une volonté profonde de changer le monde et leur environnement, tandis que les hommes cherchent à devenir leur propre patron et à acquérir leur indépendance en se lançant dans l’entrepreneuriat, souligne la même source.

Selon l’étude, les entrepreneuses ne créent pas leur entreprise à des fins d’enrichissement: seules 16% des étudiantes et professionnelles approchées citent devenir riche comme une des finalités de leur engagement, alors que 60% des entrepreneuses expliquent qu’elles auraient choisi de travailler dans une ONG si elles ne s’étaient pas lancées dans l’aventure entrepreneuriale.

Il ressort également de cette étude que les secteurs principalement investis par les femmes (l’éducation et l’agriculture) se caractérisent par des marges plus faibles et des besoins d’investissements plus importants limitant la capacité de développement de ces entreprises, alors que la plupart ne proposent pas de solutions de high-tech.

Et de relever que le marché de l’entrepreneuriat féminin en Afrique est caractérisé par trois failles majeures, à savoir “le manque de formation technique”, “l’absence d’acteurs extérieurs qui permettraient de mieux attirer les investissements”, et “l’inégalité hommes-femmes”.

Par ailleurs, l’étude démontre que les femmes entrepreneuses se sentent, dans l’ensemble, “désavantagées” par rapport aux hommes entrepreneurs, une perception non partagée par ces derniers, puisque seulement 36% d’entre eux estiment que les femmes sont désavantagées, contre 70% des femmes.

Le document fait remarquer également que trois enjeux apparaissent clés pour permettre l’autonomisation des femmes entrepreneuses: la formation à la gestion entrepreneuriale, le développement de structures de soutien aux entrepreneurs, et le perfectionnement des infrastructures bancaires et de télécommunications.

“L’entrepreneuriat est un véritable vecteur d’autonomisation des femmes en Afrique et représente une réelle opportunité de croissance économique”, explique, dans ce sens, la Présidente de Women In Africa, Mme Hafsat Abiola.

“L’Afrique compte cependant le plus grand nombre d’échecs d’entreprises créées par des femmes, un pourcentage qui pourrait facilement être renversé si nous pouvions permettre aux femmes entrepreneuses d’accéder à des formations business à l’entrepreneuriat, à des structures de soutien et à des infrastructures bancaires et de télécommunication adaptées”, a soutenu Mme Abiola, citée dans l’étude.

“En 2018, l’étude mettait en lumière la valeur créée par l’entrepreneuriat Afrique, Continent où le taux de femmes ayant lancé leur activité est le plus important (24%). Il était intéressant de comprendre cette année les trajectoires individuelles de celles qui font l’entrepreneuriat”, a indiqué, de son côté, Anne Bioulac, Co-managing Partner de Roland Berger France.

“Les femmes sont largement attirées par l’entrepreneuriat (96% des étudiantes interrogées déclarent envisager de lancer leur activité) notamment parce qu’en devenant entrepreneuses, elles souhaitent avoir un impact positif sur la société. 84% des femmes souhaitent entreprendre pour changer le monde”, a-t-elle relevé.

Les travaux de la 3ème édition du Sommet annuel “Women In Africa” ont été ouverts, jeudi à Marrakech, avec la participation de près de 500 personnes venant de 75 pays, dont des leaders économiques, gouvernementaux et culturels, ainsi que des délégations de femmes originaires du Moyen-Orient, des Etats-Unis et d’Asie, en plus de femmes et d’hommes venant des 54 pays du Continent.

Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce conclave de deux jours, initié sous le thème “Comment les femmes africaines engagent le monde et créent un nouveau paradigme ?”, a été un lieu de réflexion et d’élaboration de propositions concrètes en vue de contribuer au renforcement du leadership des femmes africaines dans tous les domaines d’activité et à la promotion de leur rôle dans la réalisation du développement de leurs pays et du Continent.

Le choix de cette thématique pertinente émanait de la volonté des organisateurs d’opérer un changement de paradigmes et d’amorcer une relation équilibrée et égalitaire avec les autres Continents.

Les travaux de ce Sommet se déclinaient en un programme riche et éclectique qui comprenait différentes sessions sur des sujets jamais abordés de la relation de l’Afrique avec les autres Continents, et qui démontraient également comment ces femmes africaines peuvent influencer le monde et contribuer par leur apport considérable à l’émancipation et au développement de leur Continent.

Lancée officiellement en 2017, WIA Initiative se veut une plateforme internationale de développement économique et d’accompagnement des femmes africaines leaders et à haut potentiel.

Par cette initiative, WIA souhaite révéler le potentiel de ces femmes et les connecter aux niveaux continental et international.

Women In Africa a ouvert des bureaux à Dakar, Casablanca, Paris, New York et à Londres en vue de soutenir, accompagner et de contribuer à la promotion d’une nouvelle génération de femmes africaines qui inventent un leadership inspirant pour changer positivement l’avenir du Continent.


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