78ᵉ Festival de Cannes : « Un simple accident » de Jafar Panahi triomphe avec la Palme d’or
LA VÉRITÉ
Le jury présidé par Juliette Binoche a clôturé samedi soir le Festival de Cannes en célébrant des films audacieux, dont « Un simple accident » de Jafar Panahi. Tourné clandestinement malgré l’emprisonnement du réalisateur iranien, ce symbole de résistance artistique a remporté la Palme d’or sous les ovations du public. « Le cinéma reste une arme pour défendre la liberté », a souligné Binoche lors de la cérémonie.
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En ouverture, le jury a récompensé « Un simple accident » pour son courage face à la répression, consacrant Panahi comme figure majeure du cinéma militant. Parallèlement, le Grand Prix est allé à « Valeur sentimentale » du Norvégien Joachim Trier, qui explore avec finesse les fractures familiales. Quant au Prix du Jury, il a distingué ex æquo les approches poétiques de « Sirat » (Óliver Laxe) et « Sound of Falling » (Mascha Schilinski), deux œuvres saluées pour leur audace formelle.

Côté interprétation, le Brésilien Wagner Moura a séduit le jury avec son rôle dans « L’agent secret » de Kleber Mendonça Filho, décrochant le Prix d’interprétation masculine. Notons que Mendonça Filho a également reçu le Prix de la mise en scène pour ce thriller politique. En revanche, les frères Dardenne ont préféré l’humanisme social avec « Jeunes Mères », récompensé par le Prix du scénario pour son portrait de mères isolées.
Parmi les autres distinctions marquantes, signalons la Palme d’or du court métrage attribuée à « I’m Glad Your Dead Now » de Tawfeek Barhom, un poème visuel aux images hypnotiques. Par ailleurs, Akinola Davies Jr a reçu une mention spéciale de la Caméra d’or pour « My Father’s Shadow », tandis que le Chinois Bi Gan a impressionné avec sa réinvention du réalisme magique dans « Résurrection ». Enfin, le documentaire « Imago » de Déni Oumar Pitsaev a quant à lui remporté l’Œil d’or pour son immersion dans les archives caucasiennes.
Un jury à l’image du monde
Juliette Binoche, entourée de personnalités comme Halle Berry, Payal Kapadia ou Leïla Slimani, a défendu une vision plurielle du cinéma. « Nous avons choisi des films qui transcendent les frontières et amplifient les voix invisibles », a expliqué la présidente. D’autre part, la présence du documentariste congolais Dieudo Hamadi a renforcé l’engagement du festival envers les récits issus des marges.
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