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50 ans après, leurs cœurs palpitent encore : Les héros de la Marche Verte partagent leurs souvenirs immortels de 1975

Par Hicham El Azhari


Des plaines de Chaouia aux sables du Sahara, les sentiers de la gloire résonnent encore aux foulées triomphales des héros de la Marche Verte. Armés de leur seule foi et détermination, ces preux incarnent à jamais l’attachement sincère et le dévouement inconditionnel à la patrie.
Entre 1975 et 2025, un demi-siècle s’est écoulé, mais ce moment légendaire conserve tout son éclat. Peu importe le temps qui passe pour les volontaires de la Marche verte, les souvenirs qui ont accompagné ces jours immortels restent vivaces dans les mémoires, palpitant dans les cœurs et les esprits. Alors que le peuple marocain célèbre le cinquantième anniversaire de l’épopée de la Marche verte, les habitants de la région de Chaouia évoquent, dans des entretiens à la MAP, avec nostalgie, les souvenirs de leur incroyable odyssée vers les provinces du sud du Royaume.

« J’ai dû faire la queue pendant longtemps pour avoir ma chance »

Parmi ces innombrables patriotes, Mohamed Jaouhar, alias « Bousdra », originaire de la ville de Settat, qui se souvient encore de sa participation à la Marche verte. C’était un 16 octobre 1975, alors qu’il se trouvait sur le terrain avec l’équipe de football la Renaissance sportive de Settat, qu’il apprit la nouvelle de l’organisation de la marche.
“Après la fin de l’entraînement, j’ai écouté l’appel de Feu SM Hassan II à la radio. À ce moment-là, j’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté devant mes yeux et je ne pensais plus qu’à m’inscrire sur la liste des volontaires”, se remémore-t-il. “Il y avait tellement de candidats que j’ai dû faire la queue pendant longtemps pour avoir ma chance”, fait-il remarquer.
Notoirement affecté, les larmes aux yeux, “Ssi Mohamed” se remémore le parcours qu’il a effectué de Settat jusqu’aux confins du désert, ainsi que l’accueil chaleureux qui lui a été réservé, ainsi qu’à ses compagnons, dans les villes et villages qu’ils ont traversés.
“Nous étions comme une seule famille, comptant chaque pas jusqu’à l’arrivée, la voix du regretté souverain Hassan II résonnant dans nos esprits comme le compas de notre voyage, pour recouvrer une partie de notre territoire et de notre identité”, raconte-t-il.

« J’ai pris part à la Marche Verte seulement sept jours après la naissance de mon fils »

Animé des mêmes sentiments de fierté et de nostalgie, le volontaire Mohamed El-Ismaili se remémore, après avoir reçu le Wissam Royal, les instants mémorables où il franchit les frontières imaginaires du Sahara. Il évoque ces moments où la joie de l’accomplissement se mêlait à une légère appréhension, vite dissipée par un profond élan patriotique et une détermination sans faille à défendre la patrie.
« J’ai pris part à la Marche Verte seulement sept jours après la naissance de mon fils », confie, ému, Ssi Hassan. « J’éprouvais alors une immense joie à l’annonce de sa venue au monde. Aussi, je croyais fermement au génie visionnaire de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, l’illustre architecte de cette épopée historique. »
« Ma femme me disait que l’amour de la patrie est une question de foi, et que le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à un nouveau-né est de graver le nom de son père dans les pages de l’histoire en tant que répondant à l’appel du Souverain. C’est ainsi que je me suis engagé avec ferveur dans cette marche », explique-t-il.

« Nous avancions dans le convoi comme de véritables frères »

Visiblement secoué par l’émotion, Bechri Miloudi se remémore ces journées qui ont marqué un tournant dans l’histoire du pays. « Depuis l’appel lancé par Feu Sa Majesté le Roi Hassan II pour la Marche Verte, je n’ai plus fermé l’œil pendant plusieurs nuits, jusqu’au moment où j’ai eu l’honneur de rejoindre les rangs des volontaires », confie-t-il.
« Nous avancions dans le convoi comme de véritables frères, partageant nos espoirs et suivant avec une attention fervente les nouvelles de notre pays à la radio, les mains levées en prière et les versets du Coran sur les lèvres, tous convaincus que nous marchions sur la voie de la victoire », raconte-t-il.
Il conclut son récit sur une note de fierté et de gratitude : « Lorsque j’ai revisité le Sahara il y a quelques années, un sentiment indescriptible m’a envahi. La terre sur laquelle nous avions marché avec nos rêves est aujourd’hui fière de son urbanisation et de son développement, reflet d’un Maroc prospère et fidèle à son âme verte ».

« Nous nous rassemblions autour de la radio pour suivre les échos de cette marche à travers le monde »

Quant à Hassan Boukenz, il se souvient de ces jours mémorables, alors qu’il n’avait que 21 ans. “On a refusé de m’inscrire en raison de mon jeune âge et du nombre élevé de volontaires, mais ma détermination était plus forte. J’ai donc prétendu être assistant chauffeur dans l’un des camions destinés au transport des volontaires, et c’est ainsi que j’ai trouvé ma place dans la caravane de la gloire”, révèle-t-il.
Et d’ajouter : « Ce voyage, riche en enseignements et en expériences, m’a profondément marqué dès mon plus jeune âge. Les valeurs authentiques du patriotisme, de la solidarité et de l’entraide se sont inscrites en moi alors que j’accompagnais des bénévoles de tous âges et écoutais leurs récits. Les moments les plus intenses furent ceux où nous nous rassemblions autour de la radio pour suivre les échos de cette marche à travers le monde. »

Cinquante ans après cette épopée éternelle, les récits de la « marche de l’histoire », riches de symbolisme et de détails inspirants, demeurent une source de fierté pour les volontaires qui y ont forgé leur gloire. Ils constituent également un phare pour les générations montantes, qui y voient l’incarnation du dévouement de leurs pères et grands-pères à l’édification d’un Maroc uni, prospère, fort et solidaire.


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