2026, le pari de la convergence
Par Hamza Abdelouaret
L’annonce de la loi de finances 2026 n’est pas une simple étape budgétaire de plus. Elle traduit une volonté assumée de faire entrer le Maroc dans une nouvelle ère de gouvernance, où la convergence n’est plus une formule mais une exigence.
Derrière les chiffres, une croissance projetée à 4,5 % et un déficit contenu autour de 3 %, se dessine un choix politique clair : territorialiser l’action publique et adapter chaque politique aux réalités des régions. Ce virage, préparé depuis des années à travers la régionalisation avancée, trouve ici une traduction concrète.
L’enjeu est de taille. Car les chiffres du Haut-Commissariat au Plan rappellent une vérité tenace : trois régions concentrent près de 60 % de la richesse nationale, laissant d’autres territoires s’enliser dans des fragilités chroniques. Le Roi a d’ailleurs rappelé avec force qu’il n’y a pas de place pour un Maroc avançant à deux vitesses. Pourtant, la réalité statistique démontre que des écarts persistants continuent de freiner l’élan collectif. C’est précisément à ce défi que la convergence entend répondre, en corrigeant les déséquilibres territoriaux par des politiques différenciées et mesurables.
Des signaux existent déjà. La généralisation des aides sociales directes, entrée en vigueur en 2024, a permis à plus de quatre millions de familles de bénéficier d’un soutien ciblé, démontrant qu’une réforme peut être menée avec rigueur et transparence. De même, les Cités des métiers et des compétences qui se déploient dans plusieurs régions ouvrent la voie à une formation plus proche des réalités locales. Ces expériences, encore incomplètes, montrent la direction : celle d’un État qui sait que l’efficacité se mesure désormais à l’impact régional, pas à la moyenne nationale.
Mais le défi ne s’arrête pas aux aides ni à la formation. L’eau, ressource stratégique, est un test décisif. Dans un contexte de sécheresse récurrente, l’allocation des investissements en matière de dessalement, de barrages et d’interconnexions doit répondre aux urgences locales autant qu’aux impératifs nationaux. La même exigence s’applique à la santé, au transport, à l’éducation. C’est à travers des résultats tangibles dans ces domaines que la convergence cessera d’être un mot d’ordre pour devenir une réalité vécue.
L’année 2026 sera donc une année de vérité. La territorialisation ne pourra plus se limiter à des annonces, elle devra prouver son efficacité par des budgets adaptés, des objectifs précis et des résultats vérifiables. C’est de cette capacité d’exécution que dépendra la confiance des Marocains et la crédibilité du projet d’État social voulu par le Souverain. La convergence ne doit pas rester un mot d’ordre, elle doit s’imposer comme une réalité vécue, soutenue par la discipline de l’évaluation et l’exigence de résultats.
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