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150 millions d’euros pour changer d’échelle : L’AFD au cœur du développement des provinces du Sud

LA VÉRITÉ


L’annonce de l’AFD, faite le 10 mai 2025 à Laâyoune par son directeur général Rémy Rioux, a résonné comme un tournant dans la manière dont la France envisage désormais le développement du Sahara marocain. Ce ne sont plus seulement des déclarations d’intention, mais un engagement financier massif à travers un plan d’investissement de 150 millions d’euros, concentré sur les projets structurants des provinces du Sud.

Cette enveloppe est dédiée à trois grands domaines d’intervention : l’extension du port de Laâyoune, pierre angulaire du développement logistique régional ; la création de zones industrielles capables de générer de l’activité économique durable ; et le soutien à l’emploi des jeunes par des programmes intégrés d’accompagnement, de formation et d’entrepreneuriat local. Il s’agit d’une approche territoriale nouvelle, qui met l’accent sur l’inclusion sociale, la durabilité et l’impact à long terme.

Rémy Rioux a insisté sur ce point lors de sa visite à Laâyoune, déclarant que « la qualité des infrastructures existantes dans la région constitue un socle solide pour renforcer le rôle du Sahara comme interface stratégique avec l’Afrique subsaharienne. » Il a également souligné que ces investissements s’inscrivent dans le prolongement du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 2015, et qui mobilise plus de 77 milliards de dirhams sur dix ans.

Mais la stratégie de l’AFD ne s’arrête pas là. Une part importante de l’enveloppe est également affectée à des partenariats avec des acteurs marocains reconnus, dans une logique de co-construction des politiques publiques et de soutien à l’écosystème local. Le Groupe OCP, acteur structurant de la région, figure parmi les bénéficiaires de cette dynamique.

À Laâyoune, la délégation française a visité l’Institut africain de recherche en agriculture durable (ASARI), relevant de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), pour constater sur le terrain les avancées en matière de recherche appliquée, d’agriculture intelligente et de développement en milieu aride. Ce centre illustre parfaitement l’approche promue par l’AFD : un appui ciblé sur les initiatives qui allient savoir, durabilité et impact local.

La signature récente d’un accord de financement entre l’AFD et OCP, axé sur la décarbonation de la chaîne de valeur des phosphates, témoigne de cette vision partagée. Ce partenariat repose sur une ambition claire : faire du Sahara un modèle d’économie verte et d’innovation territoriale, capable de répondre aux défis du climat, de la souveraineté alimentaire et de l’intégration régionale.

Le soutien de l’AFD vient donc consolider une tendance de fond : les provinces du Sud du Royaume ne sont plus simplement des récepteurs de financements d’État. Elles deviennent des territoires pilotes, capables de porter des projets structurants, de mobiliser les compétences locales et de s’ouvrir sur des coopérations internationales ambitieuses. À travers ces 150 millions d’euros, c’est un message politique et économique fort que la France envoie au Maroc, mais aussi à l’ensemble de ses partenaires africains.


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