128 morts à Hong Kong : La Chine ordonne l’inspection immédiate de toutes les tours du pays
L'incendie de Hong Kong fait 128 morts au complexe Wang Fuk Court. Ce sinistre historique, le plus meurtrier de l'ère moderne, est lié à l'usage de polystyrène hautement inflammable et aux alarmes incendie défaillantes. En réponse immédiate, Beijing a ordonné une inspection nationale des immeubles de grande hauteur à travers toute la Chine.
LA VÉRITÉ
Un incendie dévastateur a ravagé le complexe Wang Fuk Court à Hong Kong cette semaine, causant 128 morts et devenant le sinistre le plus meurtrier de l’histoire moderne de la région. La tragédie a immédiatement déclenché une campagne d’inspection nationale des immeubles de grande hauteur ordonnée par le gouvernement central chinois pour garantir la sécurité publique.
Un bilan humain sans précédent
Le bilan tragique de l’incendie s’élève à 128 morts, selon les dernières données. Parmi les victimes, 108 corps ont été retrouvés directement sur les lieux du complexe résidentiel. Quatre personnes sont décédées à l’hôpital des suites de leurs blessures.
L’ampleur de la destruction rend l’identification des victimes extrêmement difficile. Seules 39 victimes ont pu être identifiées jusqu’à présent. Les 89 autres corps ont été brûlés au point d’être méconnaissables.
Le nombre de blessés s’établit à 79. Ce chiffre inclut 12 pompiers qui intervenaient sur le site.
Les autorités craignent une aggravation du bilan. Le secrétaire à la Sécurité, Chris Tang Ping-keung, a d’ailleurs averti que d’autres corps pourraient être découverts dans les décombres. Actuellement, 200 personnes sont toujours portées disparues suite au sinistre.
Cette catastrophe dépasse en ampleur tous les précédents drames de ce type à Hong Kong. Elle surpasse notamment l’incendie meurtrier de 1957 dans la région de Kowloon, qui avait fait 59 morts.
Le complexe Wang Fuk Court au centre de l’enquête
L’incendie a débuté mercredi après-midi dans le complexe Wang Fuk Court, situé dans le district de Tai Po. Ce complexe est composé de huit tours d’habitation. Sept des huit tours ont été touchées et ont brûlé sans interruption pendant 43 heures. Le feu n’a été maîtrisé que vendredi matin.
Le complexe résidentiel, construit en 1983, abrite près de 4 600 résidents. Une part significative de cette population est vulnérable. Environ 40% des résidents sont des personnes âgées de plus de 65 ans.
Au moment du désastre, le complexe était en pleine rénovation. Ces travaux avaient débuté en juillet 2024. Les enquêteurs se concentrent sur l’utilisation de matériaux hautement inflammables durant ces rénovations.
Matériaux dangereux et défaut des systèmes de sécurité
Les investigations initiales mettent en cause des matériaux précis pour la propagation fulgurante des flammes. Les enquêteurs pointent du doigt l’utilisation de panneaux de polystyrène hautement inflammables. Ces panneaux étaient utilisés lors des travaux de rénovation. Des échafaudages en bambou sont également cités comme une cause principale de la propagation rapide du feu.
Un dysfonctionnement critique des systèmes de sécurité a aggravé la situation. Le directeur des services d’incendie, Andy Yeung Yan-kin, a confirmé un échec majeur. Les alarmes incendie des huit bâtiments n’ont pas fonctionné lors des tests. Ce constat corrobore les témoignages fournis par les résidents.
Réponse judiciaire et mesures d’urgence
La Commission indépendante contre la corruption (ICAC) a réagi rapidement. Elle a procédé à huit nouvelles arrestations vendredi. Le total des personnes arrêtées s’élève désormais à onze. Parmi les suspects figurent des directeurs de cabinets de conseil, des responsables d’entreprises de construction, et des chefs de projet.
Le gouvernement central chinois a immédiatement tiré la sonnette d’alarme. Le Comité de sécurité au travail relevant du Conseil des affaires d’État a ordonné une campagne nationale d’inspection. Le Comité a enjoint aux gouvernements locaux de procéder à des vérifications immédiates des immeubles de grande hauteur. Ces inspections doivent cibler les tours d’habitation, les bureaux, les hôpitaux et les centres commerciaux.
À Hong Kong même, des inspections locales ont été ordonnées. Ces vérifications ont porté sur 127 bâtiments en travaux à travers la ville. Les inspections ont révélé des problèmes immédiats dans deux de ces bâtiments. Ils utilisaient également des panneaux de polystyrène pour couvrir les fenêtres. Les autorités ont ordonné le retrait immédiat de ces panneaux.
Deuil national et aide aux victimes
Le gouvernement de Hong Kong a décrété trois jours de deuil national. Ce deuil a débuté samedi. Les drapeaux nationaux et hongkongais seront mis en berne sur tous les bâtiments officiels jusqu’à lundi. De plus, les responsables ont annulé tous les engagements publics considérés comme non essentiels.
Sur le plan financier, l’indemnisation des familles des victimes a été rehaussée. Le gouvernement a relevé le montant à 200 000 dollars hongkongais (soit 26 000 dollars américains). L’indemnisation initiale prévue était de 150 000 dollars. Parallèlement, une allocation de 50 000 dollars hongkongais sera versée à chaque sinistré. Les efforts privés de solidarité sont notables. Les contributions privées annoncées dépassent déjà les 400 millions de dollars hongkongais (équivalant à 51,3 millions de dollars américains).
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